• Exploitation du pétrole - WWF plaide pour les intérêts des peuples autochtones

    Le Fonds mondial pour la conservation de la nature (WWF) plaide pour l'insertion des parts des communautés autochtones dans la loi sur les hydrocarbures en examen à l'Assemblée nationale depuis mars 2013. Le directeur-pays de cette ONG internationale, Raymond Lumbuenamo, a affirmé le mercredi 22 janvier sur les antennes de la radio Okapi que les compagnies qui aimeraient travailler dans ce domaine devraient « venir avec des unités de traitement et que les communautés locales soient parties prenantes ».

    Les terres sur lesquelles le pétrole sera exploité, a-t-il ajouté, appartiennent à ces communautés. Ces communautés devraient participer, selon lui, même de façon modique à l'exploitation. Il a indiqué que dans le code minier, il y a 60% pour l'Etat central, 25% pour l'Etat provincial et 15% pour les entités décentralisées. « Il n'y a rien pour les communautés. Moi j'aurais voulu qu'on dise par exemple que 5% des productions reviendraient aux communautés locales. Là, ce serait un engagement concret », a ajouté le directeur de WWF. En décembre dernier, WWF a entrepris une série d'échanges avec la Société civile, les opérateurs économiques, l'assemblée provinciale et des étudiants de Goma au Nord-Kivu, pour les sensibiliser sur la sauvegarde du patrimoine du parc national des Virunga face aux tentatives de prospection pétrolière des entreprises étrangères.

    En octobre 2013, le Fonds mondial pour la nature avait salué la décision du gouvernement britannique qui s'est opposé à l'exploitation du pétrole dans le parc national des Virunga, au Nord-Kivu. PENSER A L'AVENIR Dans un communiqué de presse de WWF rendu public le jeudi 24 octobre, le sous-secrétaire d'Etat parlementaire britannique pour les affaires étrangères et du Commonwealth, Mark Simmonds, a exprimé la position de son gouvernement par écrit, en réponse à la question d'un membre du parlement britannique. WWF s'était donc réjoui de cette décision et avait pensé que la position du gouvernement britannique était salutaire. « C'est un soulagement pour WWF parce que pendant un moment, il y avait des contradictions entre ce que disait l'entreprise Soco et le gouvernement britannique. Aujourd'hui, c'est clair. Le gouvernement britannique n'est pas d'accord qu'on exploite le pétrole dans le parc des Virunga, qui est un patrimoine mondial. Il n'y a pas d'équivoque là-dessus », a affirmé le directeur national de WWF en RDC.

    En juin 2010, les autorités congolaises avaient accordé à l'entreprise Soco international le droit d'exploiter et de produire du pétrole dans le bloc 5 du rift albertin. WWF s'était opposé à ce projet et avait saisi, le 7 octobre 2013, l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Dans sa plainte, l'ONG avait indiqué que les activités d'exploration de la firme britannique mettraient en danger les populations locales vivant dans le parc, ses animaux et leurs habitats. Exploiter le pétrole des Virunga « c'est le rendre un objet à objet unique », a affirmé Raymond Lumbuenamo. « Si nous confions le Virunga aux pétroliers, nous le rendrons un objet à usage unique. Nous l'utiliserons pendant trente ans et après que le pétrole sera épuisé, il ne produira plus un sou. Mais si nous levons l'option d'établir la paix, nous allons exploiter le Virunga presqu'éternellement. Exploiter le pétrole, c'est enrichir quelques personnes au détriment de la majorité », a-t-il déclaré. A ce jour, ce débat est loin d'être clos.


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