•   Harcelés par la police, les Dongria Kondh boycottent les élections

     

    Les Dongria Kondh ont boycotté les élections générales indiennes suite à l'arrestation et à l'emprisonnement de leurs leaders.
       Les Dongria Kondh ont boycotté les élections générales indiennes suite à l'arrestation et à l'emprisonnement de leurs leaders.
    © Bikash Khemka/Survival

      Les Dongria Kondh ont boycotté les élections générales indiennes pour protester contre le harcèlement qu’ils subissent de la part de la police et l’arrestation de leurs leaders.

      Plus de 30 actions en justice sont actuellement en cours contre les Dongria et les Majhi Kondh qui se sont activement impliqués dans la résistance au projet de mine à ciel ouvert du géant minier Vedanta Resources et à l’installation d’une raffinerie sur leur territoire.

      Jilo Majhi – un membre éminent de l’organisation Niyamgiri Suraksha Samiti (‘Sauver Niyamgiri’) – a été détenu par la police durant plus de 20 jours. Il a depuis été libéré sous caution et sera traduit devant la Haute Cour cet été concernant une affaire qui remonte à plusieurs années.

      Le boycott des élections confirme la position courageuse des Dongria contre le traitement que leur inflige la police, de nombreux membres de la tribu auraient été prêts à voter contre une administration locale qui a fortement soutenu le projet minier de Vedanta.

      En août 2013, les Dongria ont eu l’opportunité sans précédent de pouvoir déterminer leur propre avenir dans ce qui a été qualifié comme le ‘premier référendum environnemental’ de l’Inde. Au cours des consultations des villages, les Dongria ont exprimé leur opposition unanime à la mine de Vedanta.

    Les Dongria étaient très inquiets que le projet minier soit accordé dans les collines de Niyamgiri si le BJP remportait les élections.
       Les Dongria étaient très inquiets que le projet minier soit accordé dans les collines de Niyamgiri si le BJP remportait les élections.
                            © Lewis Davies/Survival

       Le projet a définitivement été suspendu par le gouvernement en janvier 2014, après une résistance forte et soutenue des Dongria et de nombreux sympathisants locaux et la campagne internationale menée par des organisations telles que Survival International.

    Dans une interview, un fonctionnaire de Vedanta a exprimé le désir de voir Narendra Modi – candidat du Premier Ministre pour le Bharatiya Janata Party (BJP) – gagner les élections, dans l’espoir qu’il puisse approuver le projet minier de Niyamgiri. Rahul Gandhi, candidat du Parti du Congrès, a exprimé son soutien aux Dongria Kondh à plusieurs reprises.

       Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Il est difficile de ne pas soupçonner que l’arrestation des leaders dongria soit liée au succès remporté par la tribu dans leur lutte territoriale. Les Dongria Kondh ont courageusement résisté au projet minier qui les aurait détruits en tant que peuple, ils devraient à présent être laissés en paix. Les harceler davantage est une absurdité’.

      Lire en ligne: http://www.survivalfrance.org/actu/10231


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  •  Survival condamne des promesses électorales rétrogrades concernant la tribu jarawa

    Les candidats aux élections ont promis de supprimer une zone tampon de protection et d'intégrer les Jarawa à la société dominante, malgré les menaces que ces mesures font peser sur la tribu.
     
       Les candidats aux élections ont promis de supprimer une zone tampon de protection et d'intégrer les Jarawa à la société dominante, malgré les menaces que ces mesures font peser sur la tribu.
    © Survival

       Survival International a condamné les dangereuses promesses électorales des candidats aux élections 2014 de Lok Sabha qui remettent en question les droits des Jarawa acquis des décennies auparavant.

       Ces promesses rétrogrades incluent d’intégrer les Jarawa à la société dominante, de supprimer une zone tampon de protection autour de la réserve et de construire deux ponts le long de la route Andaman Trunk Road qui traverse la réserve. Toutes ces mesures pourraient être dévastatrices pour les Jarawa.

       Les Jarawa sont déjà confrontés à des intrusions dégradantes – les ‘safaris humains’ – au sein de leur territoire par des centaines de touristes qui empruntent la route principale de l’île chaque jour dans l’espoir d’apercevoir des membres de la tribu.

    Des centaines de touristes traversent quotidiennement la réserve des Jarawa.
       Des centaines de touristes traversent quotidiennement la réserve des Jarawa.

    © www.andamanchronicle.net /Survival

      Les autorités ont annoncé qu’elles comptaient ouvrir une route alternative d’ici à mars 2015, ce qui signifierait la fin de la présence de touristes sur cette route. Mais le programme électoral des candidats du Congrès et du Parti Bharatiya Janata (BJP) qui comprend la construction de deux nouveaux ponts le long de la route déjà existante à l’intérieur de la réserve des Jarawa rend de plus en plus improbable l’ouverture d’une route alternative.

      Actuellement, aucun établissement touristique ou commercial n’est autorisé à l’intérieur de la zone tampon autour de la réserve des Jarawa. Et si la promesse des candidats politiques du Congrès et du BJP de supprimer cette zone tampon était mise en œuvre, ce serait un pas en arrière catastrophique pour la tribu.

      L’actuel député des îles Andaman, Bishnu Pada Ray et candidat au BJP, a également promis d’intégrer les Jarawa à la société dominante s’il était réélu – une politique considérée comme totalement inacceptable par la communauté internationale. Le président de l’Inde a récemment condamné toute tentative d’assimilation forcée rappelant que cela avait conduit à la disparition de tribus entières.

      Les politiques d’intégration des tribus ont eu des conséquences dévastatrices par le passé et ont été particulièrement destructrices pour la tribu voisine des Jarawa, les Grands Andamanais, qui ont été décimés par les tentatives de sédentarisation. Seuls 53 membres de cette tribu sont encore en vie aujourd’hui.

      Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Les promesses scandaleuses de Bishnu Pada Ray affichent un mépris absolu pour les Jarawa – forcer la tribu à s’intégrer à la société dominante ne peut qu’entraîner sa disparition. La notion même d’intégration est enracinée dans une attitude colonialiste et archaïque qui conforte les gouvernements dans leur conviction qu’ils savent ce qui est le mieux pour les peuples indigènes. Dans la réalité, cette approche a toujours des conséquences catastrophiques.

       Lire en ligne: http://www.survivalfrance.org/actu/10222


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  • En 2013, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies (HCDH) célébrait son 20 anniversaire à Genève. Dans un communiqué, il rappelait sa mission de « promotion et d'amélioration de la dignité, de la liberté et des droits de tous les êtres humains », tout en saluant, en guise de bilan, une vingtaine d'« avancées majeures accomplies ces deux dernières décennies » (www.ohchr.org). Parmi ces avancées, figuraient à la fois l'amélioration de la non-discrimination des peuples autochtones et des minorités, et celle des conditions de liberté d'expression et de non-incitation à la haine ou à la violence par les États. Or, au titre des outils ayant permis de tels progrès, le HCDH mettait en avant les initiatives de promotion du dialogue interculturel.

    C'est justement grâce à la recherche internationale « The Religious NGOs at the UN Project » (Université du Kent, Grande-Bretagne), que nous avons conduit une enquête sur le rôle et la portée des ONG religieuses dans le dialogue interculturel et interreligieux au HCDH. Plusieurs constatations ressortent de cette étude. Tout d'abord, les ONG religieuses engagées au HCDH sont relativement peu nombreuses, au regard du nombre d'ONG bénéficiant d'un statut consultatif à l'ONU. En effet, en 2012, on comptait 239 ONG religieuses parmi les 3 275 ONG en statut consultatif. Ces chiffres ne doivent cependant pas occulter une réalité démographique: chacune de ces entités se rapporte à des parts conséquentes de la population civile internationale. Un cas significatif est celui de l'ONG catholique Vivat International, dont le but est de « promouvoir la compréhension et l'harmonie entre les personnes, les classes et les religions », et qui mène, entre autres combats, celui de la défense des droits des minorités et des peuples autochtones. Cette organisation, dotée d'un statut consultatif spécial depuis 2004, représente à l'ONU « 25 386 sœurs, prêtres et frères, issus de douze congrégations religieuses travaillant dans 122 pays, aux côtés de laïcs et d'autres ONG » (http://vivatinternational.org). Au sein de ces congrégations, celle des spiritains (créée à Paris en 1703) renvoie à 3 000 membres dans 60 pays, notamment en Amérique, Afrique, Océanie et Asie.

    Dans le domaine des relations internationales, comme dans le système onusien, on qualifie de « parapluies » les organisations internationales qui abritent de nombreuses structures locales, en formant ainsi de vastes réseaux transnationaux. Ce phénomène est en plein essor du fait d'une mondialisation croissante. Il implique des mécanismes synergiques de dialogue interculturel qui précèdent les actions de ces ONG au HCDH. De plus, les ONG religieuses sont directement actives en matière de promotion du dialogue interculturel et interreligieux au HCDH, en suivant de multiples voies, depuis un lobbying discret jusqu'à des formes plus officielles de plaidoyer. Elles ont été à l'origine de 56 conférences parallèles sur le thème de la religion, dont 5 sur le dialogue et la solidarité interreligieuse, lors de sessions du Conseil des droits de l'homme entre 2006 et 2011. Pour ces ONG, enfin, l'investissement au HDCH est en soi l'occasion d'un dialogue constant. L'histoire de la défense des droits de l'enfant témoigne à quel point les actions les plus efficaces des ONG religieuses ont requis un maillage complexe d'associations de compétences et de jeux de coopérations entre réseaux d'origines diverses – notamment autour du Bureau international catholique de l'enfance (BICE), qui porta la voix d'un groupe réunissant de nombreuses ONG de confessions variées et laïques, ayant contribué à élaborer la Convention des droits de l'enfant. Cet exemple et ceux qui précèdent précisent en quel sens les initiatives relatives au dialogue sont considérées comme capitales par le HCDH, et en quoi elles ont pu motiver les recherches que nous avons accomplies.


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  •   Bangladesh : dans les Chittagong Hill Tracts les violeurs restent impunis

     

    Une famille chakma des Chittagong Hill Tracts, au Bangladesh. Les tribus de cette région vivent sous la menace constante des colons et de l'armée du Bangladesh. Les assassinats, tortures et viols y sont monnaie courante.
       Une famille chakma des Chittagong Hill Tracts, au Bangladesh. Les tribus de cette région vivent sous la menace constante des colons et de l'armée du Bangladesh. Les assassinats, tortures et viols y sont monnaie courante.
                         © Mark McEvoy/Survival

    Selon des militants locaux, des femmes et des jeunes filles jumma des Chittagong Hill Tracts sont violées en toute impunité par les colons. Durant les trois premiers mois de l’année 2014, six cas de viols de femmes jumma ont été signalés.

    Sabita Chakma a été violée et assassinée par un groupe de colons bengalis alors qu’elle se rendait un matin à la rivière, rapportent des sources locales. Lors d’un autre incident, une adolescente a été abandonnée dans la forêt, inconsciente, après avoir été victime d’un viol en réunion. Il y a également de nombreux cas d’agressions sexuelles, y compris une tentative de viol dont l’auteur présumé serait un sous-officier de l’armée.

    Le nombre réel de crimes est probablement beaucoup plus élevé car de nombreux cas ne sont pas signalés – les Jumma étant convaincus que leurs auteurs ne seront pas poursuivis et les victimes de viols sont généralement culpabilisées et stigmatisées. Les forces de sécurité de la région protègent vraisemblablement les violeurs plutôt que la population indigène.

    Le gouvernement du Bangladesh a déplacé des milliers de colons dans la région des Chittagong Hill Tracts, territoire de 11 tribus connues sous le nom collectif de Jumma. Ces tribus ont perdu leurs terres au profit des colons et ont également été soumises à la répression violente de l’armée.

    Samari Chakma, une avocate indigène, a écrit dans un récent article intitulé ‘Quand les violeurs sont Bengalis. Quand le viol devient une arme de nettoyage ethnique’ : ‘Nous les femmes indigènes des collines de Khagrachari vivons dans une extrême anxiété. Aujourd’hui, la région des Chittagong Hill Tracts est un paradis pour les violeurs’.

    Lire en ligne: http://www.survivalfrance.org/actu/10148


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  • La nation crie de la Baie-James, dans le Nord du Québec, a bâti depuis 40 ans une organisation socio-politique forte et sans égale par rapport aux autres peuples autochtones des Amériques.

    Ces 16.000 Amérindiens règnent sur un territoire boréal appelé Eeyou Istchee (La terre du peuple) compris entre le 49e parallèle au sud, la taïga au nord, la Baie-James à l'Ouest et la chaîne des Monts Otish à l'Est.

    Historiquement, les Cris sont des nomades qui se partagent les forêts et rivières par clans familiaux. Dans ces latitudes élevées, où l'hiver dure au moins six mois par an, l'agriculture n'a jamais été pratiquée, la chasse --à l'orignal, au caribou forestier, aux animaux à fourrures-- et la pêche ont toujours fourni l'alimentation principale des Cris.

    Jamais vraiment en contact avec les Blancs, hormis pour leur échanger des peaux, les Cris sont brutalement sortis de leur isolement au début des années 1970 lorsque le gouvernement québécois a voulu élever de gigantesques barrages hydroélectriques sur leur territoire.

    Forcé de négocier, le Québec a signé en 1975 des accords sur l'occupation du territoire cri et inuit, laissant à ces deux nations bien plus de prérogatives que ce que ne prévoit la Loi sur les Indiens (1867) qui s'applique aux autres communautés autochtones du Canada.

    Les Cris ont dû se sédentariser dans des villages flambants neufs, bien que certains, en particulier les tallyman (maîtres trappeurs) et les chamans, continuent à passer leur vie en forêt.

    En 2002, les Cris signent avec le Québec La Paix des Braves, portant sur l'exploitation des ressources naturelles de leur territoire. Ce traité prévoit le versement de plus de 200 millions de dollars d'indemnités aux Cris en 50 ans.

    Ce pécule géré par le gouvernement de la nation crie, fait notamment fonctionner leur compagnie aérienne, Air Creebec.

    En 2012, pour exploiter des ressources minières, un nouvel accord vient renforcer la souveraineté des autochtones: rien ne peut se faire sur leur territoire sans leur consultation préalable.

    Après 40 ans de lutte pour faire reconnaître ses droits ancestraux, le gouvernement cri se bat désormais pour sanctuariser la vallée de la Broadback, l'une des dernières forêts boréales intactes du Canada, grande comme la moitié de la Belgique.


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  • La justice ne peut plus attendre

    Les 146 organisations de la société civile congolaise et organisations internationales de défense des droits humains soussignées saluent les engagements pris récemment par les autorités de la République démocratique du Congo en vue de garantir la justice pour les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité.

    Elles appellent le gouvernement à appuyer l'adoption de l'avant-projet de loi relatif à la création des Chambres spécialisées mixtes et la proposition de loi de mise en œuvre du Statut de la Cour pénale internationale (CPI) au cours de la présente session parlementaire, qui a débuté le 15 mars 2014.

    Les cycles répétés de violence et l'impunité qui ont marqué les deux dernières décennies, en particulier dans l'est de la RD Congo, ont provoqué la mort de quelque cinq millions de personnes victimes de la violence, de la faim et de l'absence de soins médicaux. Les forces armées nationales de la RD Congo, du Rwanda et de l'Ouganda, ainsi que de nombreux groupes armés non étatiques, se sont livrés à des massacres, des exécutions sommaires, des viols, des actes de torture, au recrutement forcé d'enfants, au pillage et à l'incendie de maisons.

    Bien que quelques progrès aient été accomplis avec la tenue de procès nationaux et internationaux, la grande majorité des auteurs de ces crimes demeurent impunis. Les procès qui ont eu lieu devant les tribunaux militaires congolais se sont heurtés à de multiples défis, notamment sur le plan de la qualité des enquêtes, de la protection des victimes et des témoins, du respect des droits des accusés, et de la possibilité d'engager des poursuites à l'encontre des commandants de haut rang portant la plus lourde responsabilité dans les crimes commis.

    La création d'un nouveau mécanisme au sein du système judiciaire congolais chargé spécifiquement de réprimer ces crimes, ainsi que l'adoption de la loi de mise en œuvre du Statut de la CPI dans la législation congolaise, pourraient fortement contribuer à rendre finalement justice aux victimes et à leurs familles, qui se sentent oubliées et abandonnées en dépit d'impensables souffrances. Ces mesures décisives et concrètes visant à lutter contre l'impunité constitueraient également un puissant avertissement à l'adresse des chefs rebelles et des commandants militaires, leur faisant comprendre que les crimes graves ne resteront pas impunis-et il est à espérer qu'elles contribueraient ainsi à mettre un terme aux exactions endémiques dont la RD Congo est depuis longtempsle théâtre.

    Chambres spécialisées mixtes

    En octobre 2013, à l'occasion d'un discours prononcé devant les deux chambres du Parlement, le Président Joseph Kabila a souligné l'importance de la lutte contre l'impunité pour les atrocités commises à l'encontre des civils en RD Congo. À cette fin, il a exprimé son soutien à la création de chambres spécialisées au sein du système judiciaire national. Le cabinet de la Ministre de la Justice et Droits Humains a élaboré un avant-projet de loi, qui est actuellement examiné par le gouvernement.

    Les Chambres spécialisées mixtes qui sont proposées ne sont pas un tribunal international. Ellesseront plutôt intégrées au sein des cours d'appel dans le système judiciaire civil. Elles ne seront compétentes que pour traiter des affaires relatives aux crimes de guerre, crimes contre l'humanité et actes de génocide et concentreront dès lors leur expertise et leurs ressources sur les enquêtes et les poursuites visant ces crimes très complexes. La présence, au cours des premières années, de personnel international jouissant d'une expérience spécifique dans la répression des crimes internationaux fournira une formation sur le terrain au personnel national et renforcera l'indépendance des chambres, les protégeant de possibles ingérences politiques et militaires.

    La mise sur pied de Chambres spécialisées mixtes a été proposée pour la première fois par des organisations de la société civile congolaise du district de l'Ituri, dans le nord-est de la RD Congo, lors d'un audit du système judiciaire congolais organisé par l'Union européenne en 2004. En octobre 2010, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme a publié un rapport circonstancié sur les violations graves du droit international, des droits humains et du droit international humanitaire perpétrées entre 1993 et 2003 en RD Congo (le Rapport Mapping), lequel a repris la recommandation relative à la création de Chambres spécialisées mixtes au sein du système judiciaire national.

    Les organisations soussignées considèrent très encourageant l'engagement explicite pris par le Président Kabila et par son gouvernement d'aller enfin de l'avant en ce qui concerne la mise sur pied des chambres. Nous suivrons de près le processus et veillerons à ce que la loi prévoie des Chambres spécialisées mixtes qui seront réellement indépendantes, impartiales et en mesure de tenir des procès équitables et crédibles. Un certain nombre d'éléments s'avèrent particulièrement importants : un degré significatif de mixité dans le personnel (congolais et non-congolais) opérant au sein des chambres ; la compétence des chambres pour connaître des crimes internationaux graves commis en RD Congo par des civils, des membres de groupes armés et du personnel militaire, quelle que soit leur nationalité ; une procédure de désignation du personnel des chambres qui garantit l'indépendance ; ainsi qu'un examen final des décisions par une chambre d'appel spécialisée mixte indépendante.

    Loi de mise en œuvre du Statut de la CPI

    La proposition de loi de mise en œuvre du Statut de la CPI introduit dans le droit congolais les définitions de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et crime de génocide contenues dans le Statut de la CPI, et elle réglemente la coopération entre les autorités congolaises et la cour. La version actuelle du texte prévoit la peine de mort comme seule peine applicable pour les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide. Les organisations signataires s'opposent à la peine de mort en toutes circonstances car il s'agit d'une peine fondamentalement inhumaine, cruelle et dégradante.

    Contrairement à ce qui est inscrit dans le calendrier des travaux de la session parlementaire ordinaire de mars 2014, la proposition de loi a déjà été adoptée en décembre 2013 par la Commission politique, administrative et juridique de l'Assemblée Nationale (Commission PAJ). Il s'agit d'un pas important sur la voie de l'adoption finale de la proposition de loi.

    Les organisations soussignées appellent le gouvernement congolais à :

    · Finaliser et approuver sans délai l'avant-projet de loi relatif à la création de Chambres spécialisées mixtes indépendantes, impartiales et efficaces, et à le transmettre au Parlement ;

    · Organiser des consultations publiques avec la société civile, les parlementaires et les bailleurs de fonds afin d'expliquer l'avant-projet de loi relatif à la création de Chambres Spécialisées Mixtes et son articulation avec d'autres réformes judiciaires, et à examiner les amendements susceptibles d'être proposés lors des consultations ;

    · Exprimer publiquement sa volonté de voir adopter et promulguer la loi de mise en œuvre du Statut de la CPI dans les meilleurs délais, conformément aux recommandations des concertations nationales et à l'engagement pris par la Ministre de la Justice et des Droits humains lors de la réunion de haut niveau sur l'État de droit organisée par l'ONU à New York en septembre 2012.

    Les organisations soussignées appellent les parlementaires congolais à :

    · Veiller à ce que l'examen du projet de loi relatif à la création de Chambres spécialisées mixtes soit inscrit à l'ordre du jour de la présente session parlementaire et à faire la preuve de leur engagement en faveur d'une justice pour les victimes des atrocités perpétrées en RD Congo en adoptant sans délai ledit projet ;

    · Finaliser l'adoption de la proposition de loi de mise en œuvre du Statut de la CPI au cours de la présente session parlementaire.

    Kinshasa, le 1 avril 2014

    Signataires:

    1. Action pour la Communication pour la Vie (ACV), Nord-Kivu

    2. Action Chrétienne d'Aide aux Déplacés et au Développement (ACCADE),Nord-Kivu

    3. Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture (ACAT), Nord-Kivu etProvince Orientale

    4. Action des Chrétiens pour le Développement et les Droits de l'Homme (ACDHO)

    5. Action des Jeunes Unis pour la Paix, le Progrès et le Développement (AJUPD),Nord-Kivu

    6. Action Globale pour la Promotion Sociale et la Paix (AGPSP), Nord-Kivu

    7. Action Humanitaire pour la Consolidation de la Paix et le Développement Intégré (AHCOPDI), Nord-Kivu

    8. Action Humanitaire pour le Développement Intégré (AHDI), Nord-Kivu

    9. Action pour la Justice, Province Orientale

    10. Action pour le Développement Communautaire contre la Faim (ADECOF/ NK), Nord-Kivu

    11. Action pour le Développement des Populations Défavorisées (ADPD), Nord-Kivu

    12. Action pour le Développement et Lutte contre la Faim (ADECO), Nord-Kivu

    13. Action pour le Développement Intégral de la Femme (ADIFE), Kinshasa/ Nord-Kivu

    14. Action Régionale pour la Paix (ARP),Nord-Kivu

    15. Actions et Réalisations pour le Développement (ARED)

    16. Actions Humanitaires Justice pour les Victimes (AHJV), Province Orientale

    17. Arche d'Alliance (ARAL), Nord-Kivu

    18. Association pour le Développement des Initiatives Paysannes (ASSODIP)

    19. Association africaine des droits de l'homme (ASADHO), Kinshasa

    20. Association Congolaise pour l'Accès à la Justice (ACAJ), Kinshasa

    21. Association de défense des Droits de la Femme (ADDF), Nord-Kivu

    22. Association de la Personne Handicapée pour le Développement (APHD)

    23. Association de Réveil pour le Développement Endogène (ARDE), Nord- Kivu

    24. Association des Femmes des Médias (AFM)

    25. Association des Guides du Congo (AGC / NK), Nord-Kivu

    26. Association des jeunes pour la Défense des droits de l'Enfants et la lutte contre le Racisme et la Haine (AJERH), Nord-Kivu

    27. Association des Promoteurs Industriels pour le Développement de l'Ituri et les Droits de l'Homme (APIDI), Province Orientale

    28. Association pour l'Encadrement des Jeunes en Ituri et pour la Défense des Droits de l'Homme (AEJI/DDH), Province Orientale

    29. Association pour la Protection et le Développement des Personnes Albinos (APRODEPA)

    30. Association pour le Réconciliation et la Paix en Ituri, (ARPI), Province Orientale

    31. Association Solidaires des Ex combattants pour la Paix et Développement Intégré (ASEPDI), Nord-Kivu

    32. Bon Samaritain des Grands Lacs pour la Défense des Droits Humains, Nord- Kivu

    33. Bureau d'appui et de Soutien aux Actions Humanitaires pour les Reclassements des Déplacés en Ituri (BASADI), Province-Orientale

    34. Bureau d'Etudes et d'Accompagnement des Relations Internationales en RDC (BEARIC), Nord-Kivu

    35. Campagne Pour la Paix (CPP), Nord-Kivu

    36. Carrefour pour la Justice, Développement et les Droits Humains (CJDH), Nord-Kivu

    37. Centre D'étude, Documentation et d'Action par le Femme (CEDAF),Province Orientale

    38. Centre d'Observation des droits de l'Homme et d'Assistance Sociale (CODHAS), Nord- Kivu

    39. Centre d'Appui pour le Développement Rural et Communautaire (CADERCO), Nord-Kivu

    40. Centre Diocésain pour la Justice et la Paix, (CDJP), Province Orientale

    41. Centre Olame, Sud-Kivu

    42. Cercle National de réflexion de la jeunesse (CNRJ), Nord-Kivu

    43. Coalition Congolaise pour la Justice Transitionnelle (CCJT), Sud Kivu

    44. Coalition des Volontaires pour la Paix et le Développement (CVPD), Nord-Kivu

    45. Coalition nationale pour la CPI de la RDC (CN-CPI)

    46. Collectif des Auxiliaires Libéraux de Justice (CALIJ), Province-Orientale

    47. Collectif des Femmes Journalistes (CFJ), Nord-Kivu

    48. Collectif des ONG pour la Promotion de la Justice (COPJ), Province Orientale

    49. Collectif des Organisation des Jeunes Solidaires du Congo Kinshasa (COJESKI), Nord-Kivu

    50. Congo Action pour le Développement (CAD), Province Orientale

    51. Congo en Image (CIM), Province Orientale

    52. Congo Peace Network (CPN), Nord-Kivu

    53. Conseil National des ONG des Droits de l'Enfant de la RD Congo (CNONGDE)

    54. Conseil Territorial de la Jeunesse (CTJ), Nord-Kivu

    55. Conseils des Confessions Religieuse de l'Ituri (CCRI), Province Orientale

    56. Convention Respect des Droits Humains (CRDH) Nord-Kivu

    57. Détectives Experts pour les droits au Quotidien (DEDQ), Nord-Kivu

    58. Ensemble Luttons Contre le SIDA (ELCOS),Nord-Kivu

    59. Fédération des Organisation des Productions Agricoles du Congo (FOPAC), Nord-Kivu

    60. Femmes Engagées pour la Promotion de la Santé Intégrale (FEPSI), Nord-Kivu

    61. Femmes Juristes pour la défense des Droits de la Femme (FJDF), Nord-Kivu

    62. Femmes Unis pour le Progrès Social (FUPROS), Nord- Kivu

    63. Fondation Congolaise pour la Promotion des Droits de l'Homme et la Paix (FOCDP), Province Orientale

    64. Fondation point de Vue des Jeunes Africains pour le Développement (FPJAD), Nord-Kivu

    65. Fonds de Solidarité des Victimes des guerres de la Province Orientale (FSVG),Province Orientale.

    66. Fonds pour les Femmes Congolaises (FFC), Province Orientale

    67. Forum des Amis de la Terre/Grands-Lacs (FAT/GL), Nord Kivu

    68. Foyer de Développement pour l'Autopromotion des Pygmées et Indigènes Défavorisés (FDAPID), Nord-Kivu

    69. Fraternité pour les Droits de la Population (FDP), Bas-Congo

    70. Great Lakes Human Rights Program (GLHRP), Nord-Kivu

    71. Groupe d'Action pour la Protection de l'Enfance (GAPE), Nord-Kivu

    72. Groupe d'Associations de Défense des Droits de l'homme et de la Paix (GADHOP), Nord-Kivu

    73. Groupe d'Hommes pour la Lutte contre les Violences (GHOLVI), Nord-Kivu

    74. Groupe de Réflexion et d'Action (GRAL), Province Orientale

    75. Groupe Justice et Libération (GJL), Province Orientale.

    76. Groupe Lotus, Province Orientale

    77. Groupe Lufalanga pour la Justice et la Paix(GLJP), Province Orientale

    78. Initiative Congolaise pour la Justice et la Paix (ICJP), Sud-Kivu

    79. Initiative de Développement Endogène et de Défense des Droits des Peuples Autochtones Batwa et autres Vulnérables (IDEPAV), Nord-Kivu

    80. Initiatives d'Appui pour le Bien être de la Personne Humaine (IABPH), Nord-Kivu

    81. Jeunesse Unie pour les Initiatives de Développement (JUID), Nord-Kivu

    82. Juristes Engagées pour la Défense des Droits de l'Homme (JEDHO), Nord-Kivu

    83. Juristes Unis pour la Promotion des Droits pour la lutte contre l'Arbitraire (JUPDA), Nord-Kivu

    84. Justice Plus, Province Orientale

    85. Les Amis de Nelson Mandela pour la défense des Droits Humains (ANMDH)

    86. Ligue des Electeurs (LE), Kinshasa

    87. Ligue des Sacrifices Volontaires pour la Défense des Droits Humains et de l'Environnement (LISVDHE), Nord-Kivu

    88. Ligue Nationale pour les Elections Libres et Transparentes (LINELIT), Kinshasa

    89. Ligue pour la Paix, les Droits de l'Homme et la Justice(LIPADHOJ), Province Orientale

    90. Ligue pour la Promotion et le Développement Intégral de la Femme et de l'Enfant (LIPRODIFE), Province Orientale

    91. Maniema Libertés (MALI), Maniema

    92. Misère sors, Nord-Kivu

    93. Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), Kinshasa

    94. Nouvelles Dynamiques pour le Développement Rural Intégral (NODRI), Equateur

    95. Observatoire Congolais des Prisons (OCP), Nord-Kivu

    96. Observatoire de la Société Civile pour les Minerais de Paix (OSCMP), Nord-Kivu

    97. Human Rescue, RDC

    98. Organisation de défense des Justiciables Vulnérables (ODEJUVU), Nord-Kivu

    99. Organisation pour la Récupération et la Rééducation des Enfants de la Rue (ORRER), Nord-Kivu

    100. Pax Christ Butembo

    101. Peace and human dignity for development (PHDD), Nord-Kivu

    102. Programme Femme et Environnement (PFE), Nord-Kivu

    103. Promotion de la Justice Réparatrice et des Initiatives de Développement Intégral (PJRIDI), Nord-Kivu

    104. Réseau ARDA, Nord-Kivu

    105. Réseau d'Actions Citoyennes pour la Démocratie (RACID),Nord-Kivu

    106. Réseau des associations des Droits de l'Homme de l'Ituri (RADHIT), Province Orientale

    107. Réseau des Associations des Droits de l'Homme du Sud Kivu (RADHOSKI), Sud-Kivu

    108. Réseau Provincial des ONG des Droits de l'Homme de la Ville-Province de Kinshasa (REPRODHOC), Kinshasa

    109. Réseau Wima, Nord Kivu

    110. Réveil des Femmes pour le Développement Intégré (RFEDI), Nord-Kivu

    111. Save Communities in Conflict (SCC DRC), Nord-Kivu

    112. Save the Vulnerable (SAVE), Province Orientale

    113. Save the World by Action (SWA), Nord-Kivu

    114. Solidarité Assistance Intégrale aux Personnes Démunies (SAIPED), Province Orientale

    115. Solidarité des Associations Féminines pour les Droits de la Femme et de l'Enfant (SAFDF), Nord-Kivu

    116. Solidarité des femmes pour le Développement (SFD), Province Orientale

    117. Solidarité des Volontaires pour l'Humanité (SVH), Sud-Kivu

    118. Solidarité et Fraternité dans l'Action (SOFAC), Nord-Kivu

    119. Solidarité pour la Défense des Droits de l'Homme (SDDH)

    120. Solidarité pour la Paix et le Développement Intégral (SOFEPADI), Province-Orientale

    121. Solidarité pour la Promotion de la Paix Sociale et la Paix (SOPROP), Nord-Kivu

    122. Solidarité pour le développement dans les milieux ruraux et la gouvernance locale (SDMGL), Kasaï Occidental.

    123. Soutien aux Initiatives des Droits Humains (SIDH), Nord-Kivu

    124. Syndicat de Défense des Intérêts des Paysans (SYDIP), Nord/Kivu

    125. Syndicat des Femmes Travailleuses (SYFET), Nord-Kivu

    126. Synergie des Femmes pour la Paix et la Réconciliation des Peuples des Grands Lacs d'Afrique (SPR), Sud-Kivu

    127. Synergie des Femmes pour les Victimes des Violences Sexuelles

    128. Synergie des ONGs Congolaises pour la lutte contre les Violences Sexuelles (SYCOVIS), Province Orientale

    129. Synergie des ONGs Congolaises pour les Victimes (SYCOVI), Kinshasa

    130. Tous en Action pour le Progrès (TAP), Nord- Kivu

    131. Union des familles pour la Recherche de la Paix (UFAREP), Nord-Kivu

    132. Union pour la Protection, la Défense des Droits Humains et Environnement (UPDDHE), Nord-Kivu

    133. Vie pour la Paix et Justice (ViPJ), Nord-Kivu

    ONG INTERNATIONALES

    134. Agir Ensemble pour les Droits de l'Homme (AEDH)

    135. Coalition pour la Cour Pénale Internationale (CCPI)

    136. ENOUGH Project

    137. Fédération Internationale des ligues des Droits de l'Homme (FIDH)

    138. Human Rights Watch (HRW)

    139. Humanity United

    140. International Center for Transitional Justice (ICTJ)

    141. Open Society Initiative for Southern Africa (OSISA)

    142. Parliamentarians for Global Action (PGA)

    143. Pax Christi International

    144. Réseau Européen pour l'Afrique Centrale (EURAC)

    145. The Resolve LRA Crisis Initiative

    146. v i v e r e


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  • 2013   420 p.  7,60 €

       « J'étais seul au sommet de la colline, j'étais assis dans la fosse de voyance, un trou creusé dans le sol, les genoux entre les mains... » C'est ainsi que le Sioux Tahca Ushte commence l'histoire de sa vie mouvementée. Son itinéraire, sa quête du savoir, dans ce « Tristes tropiques » sioux, passent par les montagnes sacrées où la parole du Grand Esprit Wakan Tanka est inscrite dans le roc, telles les Tables de la Loi. 
        Le voyant-guérisseur décèle les aberrations de la société occidentale et raille la médiocrité des temps nouveaux, symbolisés par le dollar, cette « peau de grenouille verte ». 
         Initiés au plus profond du sacré, aux rites, à la voyance, au nombre d'or, à la médecine, les Indiens, affirme Tahca Ushte, de la naissance à la mort, sont pris dans les plis des symboles comme dans une couverture.
        Tahca Ushte n'écrit pas seulement un livre du passé. Il nous confie ici des mémoires d'avenir, un livre de vie et de sagesse puisé aux sources résurgentes de la tradition amérindienne.  
       Richard Erdoes, artiste né à Vienne en 1912, rencontre John Fire Lame Deer (ou Tahca Ushte) à New York en 1967 lors de la marche pour la paix de Martin Luther King. Ce livre exceptionnel et sensible, fruit de la profonde amitié entre les deux hommes, sera son premier d'une longue série consacrée au monde amérindien.  

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  • a Commission de vérité et réconciliation, responsable de recueillir les histoires d'anciens élèves des pensionnats autochtones, a enregistré son dernier témoignage, après près de quatre ans d'audiences publiques.

    Des milliers de victimes ont partagé les souvenirs troublants des abus subis dans ces écoles.

    Ces histoires forment dorénavant les archives _ filmées _ d'un des chapitres les plus sombres de l'histoire canadienne.

    Pour certains représentants des communautés autochtones canadiennes, toutefois, le fait de raconter ces histoires a permis de faire naître une lueur d'espoir et a soulagé beaucoup de tensions.

    " plusieurs reprises, c'est ma propre histoire qui était racontée devant moi, et c'est devenu très difficile émotionnellement parce que je dois aussi gérer cela personnellement, a confié à La Presse Canadienne le commissaire, avocat et chef Wilton Littlechild, également un ancien pensionnaire. En même temps, cela m'a aidé dans mon propre processus de guérison."

    "Beaucoup ont guéri simplement en racontant leur histoire", considère Vicki Crowchild, 80 ans, membre de la nation Tsuu T'ina située à l'extérieur de Calgary. Le fait de témoigner, alors que son agresseur lui avait dit que personne ne la croirait, lui a été extrêmement bénéfique.

    Sous la direction du juge Murray Sinclair, la commission a visité plus de 300 communautés depuis le début des audiences, à Winnipeg en juin 2010.

    Depuis le début du siècle dernier, environ 150 000 enfants autochtones, inuits ou métis ont été retirés de leur famille et forcés d'aller dans ces écoles religieuses. Le dernier pensionnat autochtone, près de Regina, a fermé en 1996.

    Selon les histoires recueillies par la commission, les enfants était envoyés à des centaines de milliers de kilomètres de chez eux, sans contact avec leur famille, parfois durant des années. Les frères et soeurs étaient séparés et punis pour toute démonstration d'affection.

    Les survivants se souviennent qu'ils étaient constamment affamés, qu'ils se faisaient battre, fouetter et abuser sexuellement. Beaucoup sont morts, des suites de maladies, certains de causes mystérieuses. D'autres encore se sont suicidés.

    Et le tort que ces traitements ont porté aux survivants traverse le temps.

    "Lorsque je suis sortie du pensionnat, lorsqu'il a finalement fermé, je suis rentrée dans une communauté composée à 95 pour cent d'alcooliques, a raconté Martha Marsden, une ancienne élève d'un pensionnat de l'Alberta. C'est ainsi que nos parents réagissaient au fait que leurs enfants leur étaient arrachés des bras."

    En 2007, à la suite d'un recours collectif, Ottawa a présenté ses excuses officielles et mis sur pied la Commission de vérité et réconciliation, qui représente une dépense de 60 millions $ pour le gouvernement, afin d'établir le bilan historique de cette tragédie et ses conséquences.

    La commission s'est souvent trouvé en désaccord complet avec le fédéral. Des disputes se sont retrouvées devant les tribunaux. Des juges ont sévèrement critiqué le gouvernement de ne pas remettre des témoignages. La semaine dernière, encore, Stan Loutit, le grand chef du conseil Mushkegowuk, a demandé au ministre de la Justice, Peter MacKay, de congédier des avocats du gouvernement pour retenir des informations liées au tristement célèbre pensionnat St.Anne, à Fort Albany, en Ontario.

    Le président de la Commission de vérité et réconciliation lui-même s'est plaint il y a quelques jours qu'Ottawa supprimait un programme de soutien aux victimes des pensionnats.

    Malgré tout, la fin de cette phase de travaux suscite l'optimisme de certains.

    M. Littlechild et Calvin Bruneau de la communauté albertaine Papaschase perçoivent tous deux un début de réconciliation entre le gouvernement et les peuples autochtones.

    "J'espère que cela nous mènera à des meilleures relations en général entre les Premières Nations et le gouvernement", a exprimé M. Bruneau.

    Il faudra maintenant plus de deux ans pour réécouter plus de 6500 témoignages durant de 10 minutes à cinq heures. La commission doit livrer un rapport en juin 2015.


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  • Élections nationales 2014 - Le droit à l'autodétermination des nations autochtones du Québec : incontournable dans un Québec indépendant

    Sol Zanetti, chef d'Option nationale et candidat dans Jean-Lesage a tenu à rappeler la position d'Option nationale en ce qui a trait aux peuples des Première Nations du Québec.  « Option nationale reconnaîtra, conformément à la déclaration des droits des peuples autochtones des Nations Unies, le droit à l'autodétermination de toutes les nations autochtones à l'intérieur d'un Québec souverain. Cette position, sérieuse, figure à l'article 1 de notre plateforme. Cette reconnaissance est pour nous un incontournable », a-t-il déclaré en point de presse accompagné de son candidat d'Abitibi-Ouest, Grégory Vézeau.

    Réveiller le courage pour l'avenir de tous

    MM Zanetti et Vézeau ont fait remarquer que les préoccupations et les objectifs de l'Assemblée des Premières Nations ressemblent aux revendications que mène Option nationale pour un Québec indépendant : érosion de la culture, protection des langues autochtones, développement économique, meilleur système de santé, plus d'emplois et une plus grande prospérité.

    Lors de sa tournée en Abitibi, c'est dans cette optique qu'il a tenu à rencontrer les gens du Centre d'Amitié autochtone de Val-d'Or en plus d'avoir une discussion téléphonique avec le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec, innu et membre de la communauté de Pessamit, M. Ghislain Picard, alors qu'aucun autre chef de parti ne l'avait fait depuis le début de la campagne.  « Je partage le même souci que le Chef Picard lorsqu'il affirme vouloir éviter ''la rupture et trouver le bon terrain, le bon moment pour favoriser l'engagement de part et d'autre dans une discussion visant à trouver des formules d'accommodements'' pour les peuples que nous formons en vue d'une paix durable. Il faut un réel courage politique pour accepter de discuter de ces enjeux. Option nationale entend aller au-delà des mots pour assurer à l'APNQL que notre lutte pour l'autodétermination ne se limitera pas à celle de la nation québécoise. Il s'agit de notre avenir à tous », a-t-il conclu.

    Option nationale -

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  • 2002 

      Ishi (1860 ou 1862-1916) est connu comme "le dernier des Yahi", sous-groupe de la tribu Yana en Californie. Il a été découvert effrayé et affamé à Oroville où il a été capturé et emprisonné. Alfred Kroeber demanda sa libération et le fit venir au musée de l'université de Californie à San Francisco pour étude. Theodora Kroeber publia sa biographie : Ishi in Two Worlds.

    Le peuple Yahi

      À partir de 1849, année de la grande ruée vers l'or en Californie, le peuple Yana subit pendant plus de 40 ans la farouche volonté des « blancs » de les voir tous exterminés. Autour de 3000 avant 1848, ils n'étaient plus qu'une quinzaine en 1870. Ces survivants étaient des Yahis, c'est-à-dire un sous-groupe des Yanas, vivant au sud du territoire Yana, entre les rivières Mille creek et Deer creek, sur la berge est du Sacramento et sur les contreforts du Mont Lassen.

      Lors du massacre de Three Knolls en 1865 qu'Ishi vécut alors qu'il était encore très jeune, sa mère et lui parvinrent à s'échapper avec quelques Yahis.

      Ces rescapés choisirent de rester « libres » et vécurent plus de 40 ans reclus et cachés, dans la clandestinité.

      En 1908, il n'en restait plus que quatre, et après qu'une expédition de techniciens d'un barrage électrique découvrit leur dernière cachette, il n'en resta plus qu'un seul, Ishi. Il continua à survivre seul jusqu'en 1911, où, à bout de souffle, il se rendit dans la ville d'Oroville où il fut capturé.

    La vie au musée

    Ishi avec une broche pour faire du feu par friction en 1914.

      Il fut transféré au Muséum de l'université de Californie, où il transmit aux ethnologues et linguistes (surtout Alfred Louis Kroeber et Edward Sapir à partir de 1915) beaucoup d'informations sur la culture Yana. Ishi fut nommé ainsi par Kroeber sous la pression des journalistes qui voulaient connaître son nom (ishi signifie homme en Yahi). Au printemps 1914, Ishi retourna en territoire Yana avec ses "amis" (selon les mots de T. Kroeber) Kroeber, Waterman et Pope pour une expédition ethnographique. Cette expédition fournit notamment la plupart des photographies d'Ishi chassant, nageant ou faisant du feu par friction ainsi que des noms de lieux et des détails techniques et religieux. Ishi mourut de la tuberculose, le 25 mars 1916.

      Théodora Kroeber (veuve de Alfred Louis Kroeber) a écrit un livre sur lui. Il est paru en 1961 en langue anglaise sous le titre Ishi in Two Worlds. La traduction française, de Jacques B. Hess, sous le titre d'Ishi, a été publiée en 1968 (Terre Humaine/Poche. Presses Pocket).

       Wikipédia


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  • Des représentants des peuples des forêts, peuples autochtones et communautés locales de tous les continents se sont retrouvés à Palangka Raya en Indonésie pour faire le point des menaces pesant sur leur environnement.

    En Afrique tout comme en Amérique Latine et en Asie, l'accaparement des terres menace la survie de ces populations, chiffrées à quelques 500 millions d'êtres humains.

    Dans leur « Déclaration de Palangka Raya sur la déforestation et les droits des peuples des forêts », les participants ont appelé à l'adoption de nombreuses mesures, explique Sophie Chao de l'ONG Forest Peoples Programme (FPP).

    Notamment, il s'agit de mettre fin à la production, au commerce et à la consommation de biens provenant de la déforestation et de l'accaparement des terres. Il faut également, souligne la déclaration, que l'invasion des terres et des forêts par l'agro-industrie, les industries extractives ainsi que par les projets d'infrastructure et d'énergie, cesse.

    Par ailleurs, il faut que les gouvernements et le secteur privé adoptent des mesures concrètes et immédiates pour protéger les droits des peuples des forêts, ajoute la déclaration.


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  • En collaboration avec l'association Moussi ya Congo Lamouka, la présidente de la sous-commission « équité, genre, personnes vulnérables, minorités et peuples autochtones » au sein de la Commission nationale des droits de l'homme (CNDH), Gisèle Elanga, a organisé, le 15 mars à Brazzaville, une causerie débat sur le travail décent en faveur des femmes

    Les représentantes d'organismes féministes présentes à cette séance ont toutes loué l'une des résolutions adoptées par la conférence internationale du travail en 2004, relative à la promotion de l'égalité de rémunération et à la protection de la maternité. « Lors de la réaction de la constitution de l'OIT, les propositions émanant des femmes syndiquées étaient jugées trop radicales pour l'époque, par exemple un salaire égal pour un travail égal et des salaires minimaux pour le travail domestique », a expliqué Gisèle Elanga.

    Dans le contexte national, les Congolaises sollicitent de la part des agences d'emploi publiques et privées, l'égalité des chances et de traitement. Elles souhaitent que les candidates aux différents tests d'emploi soient à chaque fois informées sur leurs droits à l'égalité de traitement, faisant référence aux droits à la rémunération, aux conditions de travail, à la sécurité de l'emploi, à l'harmonisation entre vie professionnelle et occupations personnelles. « Le principe du salaire égal pour un travail égal aborde les différentes formes de discrimination structurelle du marché du travail qui provoquent une ségrégation sexuelle. Cela signifie que les niveaux et types de rémunération ne doivent pas être déterminés en fonction du sexe, mais en fonction d'une évaluation du travail effectué », a poursuivi Gisèle Elanga.

    Les conférences, lois, forums et institutions internationales qui siègent sur la question féminine, avouent que l'égalité entre les sexes implique que tous les hommes et les femmes soient libres de développer leurs aptitudes personnelles.

    S'agissant du travail décent pour les femmes et les hommes, par exemple : « L'engagement de l'OIT à la question de l'égalité entre hommes et femmes prend encore plus d'importance dans le cadre de la déclaration ministérielle du Conseil économique et social (ECOSOC) adoptée en 2006. La déclaration réaffirme la détermination des pays à promouvoir l'égalité entre les hommes et les femmes et l'émancipation des femmes et des filles. »

    Et la présidente de la sous-commission « équité, genre, personnes vulnérables, minorités et peuples autochtones » au sein de la CNDH de rappeler : « La conférence de Nairobi en 1985 a incité l'adoption par l'OIT de l'égalité des chances et de traitement entre travailleurs et travailleuses en matière d'emploi. »


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  • Soleil hopi (Don C. TALAYESVA)

    2005   579 p.   9,10€ 

       L'auteur, Don C. Talayesva, est un Indien Hopi, chef du Clan du Soleil, né à Oraïbi, à l'est du Grand Canyon du Colorado, en mars 1890. Il a assisté à l'implantation graduelle de l'administration gouvernementale et aux efforts d'américanisation soutenus en ces territoires pueblos par les autorités, parfois avec le concours de l'armée.   La présente autobiographie, Soleil hopi, est un livre singulier. C'est tout d'abord un rare document sur une tribu indienne qui nous est décrite de l'intérieur, comme un ensemble vivant et gouverné par une harmonie interne. A ce titre, il est considéré comme un des grands classiques de l'ethnologie. C'est ensuite, et surtout, un homme qui témoigne avec naïveté, vivacité et sagesse de son attachement réfléchi aux cadres traditionnels, à une attitude religieuse dans tous les grands moments de la vie.  
         Hostile par expérience à une américanisation des siens et de sa tribu, Talayesva ne se refuse toutefois pas à une évolution nécessaire, qu'il estime, quant à lui, tragique. La richesse de la personnalité de ce chef indien, les événements historiques qu'il a vécus, nous valent un livre exceptionnel que son caractère établit comme une œuvre littéraire d'avant-garde.  
         Indien hopi, chef du clan du Soleil, Don C. Talayesva est né en 1890 à Oraïbi, à l'est du Grand Canyon du Colorado. Malgré sa formation conforme aux préceptes hopi, il a tenu à recevoir l'éducation scolaire et chrétienne que le Gouvernement américain s'est efforcé de développer chez les Indiens pueblos. A la suite d'une grave maladie, qu'il interpréta comme un avertissement, il décida de revenir au pays et aux vieilles traditions. "  
        Joyau de la littérature ethnographique " (Claude Lévi-Strauss) et autobiographie exemplaire, Soleil hopi a paru chez Plon en 1959 dans la collection " Terre humaine ". Don C. Talayesva est mort en 1976 dans la paix indienne.

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  • Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a affirmé vendredi que l'Ukraine se trouve à la croisée des chemins et qu'il reste en contact avec les dirigeants du monde pour tenter de trouver une solution pacifique à la crise.

    Il s'est exprimé ainsi lors d'un point de presse à New York. Selon lui, si les positions continuent de devenir plus rigides et que la rhétorique continue de s'endurcir, "nous risquons de rentrer dans un engrenage dangereux. Le Conseil de sécurité s'est réuni à plusieurs reprises sur ce sujet, mais la communauté internationale n'a toujours pas pu désamorcer les tensions".

    M. Ban a exhorté l'ensemble des parties prenantes à s'abstenir de toutes provocations et de ne pas prendre des décisions hâtives dans les jours à venir, et il a appelé à engager un dialogue direct pour permettre le recherche d'une solution diplomatique à la crise.

    De son côté, le sous-secrétaire général des Nations Unies aux droits de l'homme, Ivan Simonovic, a annoncé le déploiement immédiat d'une équipe de l'ONU chargée de surveiller la situation des droits de l'homme sur l'ensemble du territoire ukrainien, y compris en Crimée.

    "Lors de nos discussions en Ukraine, nous avons rapidement constaté que les narratifs étaient souvent contradictoires lorsque les parties prenantes expliquent ce qui s'est passé dans ce pays depuis le mois de novembre", a expliqué vendredi M. Simonovic lors d'une conférence de presse à Kiev au neuvième jour de sa mission dans le pays.

    "Nous devons établir les faits et les circonstances des violations des droits de l'homme de façon indépendante et objective afin d'éviter la manipulation de ces narratifs contradictoires à des fins politiques, pour exacerber les divisions et pour inciter à la haine. En établissant les faits, l'équipe de l'ONU aidera à empêcher une telle manipulation et à désamorcer les tensions", a-t-il poursuivi.

    Selon M. Simonovic, les violations chroniques des droits de l'homme figurent parmi les raisons des troubles en Ukraine au cours des derniers mois.

    "Depuis de nombreuses années, les dénonciations des violations systématiques des droits de l'homme, y compris celles des organisations internationales, ont été négligées", a rappelé M. Simonovic. "Nous sommes préoccupés par la faiblesse des institutions chargées de défendre l'Etat de droit, le manque de responsabilité et donc de l'impunité de ceux qui violent les droits de l'homme. Les informations faisant état de torture et de mauvais traitements sont nombreuses", a-t-il ajouté.

    Les représentants de l'ONU menés par M. Simonovic, n'ont pas pu se rendre en Crimée puisque les autorités sur place ont refusé de garantir leur sécurité. Cependant, il a souligné que cette interdiction d'accès n'a pas empêché la mission à évaluer la situation des droits de l'homme dans cette région, puisqu'ils avaient accès à de nombreuses sources crédibles.

    M. Simonovic a souligné que la situation des minorités et des peuples autochtones de Crimée, en particulier les Tatars de Crimée, sont particulièrement vulnérables, surtout en ce qui concerne le droit de participer sans discrimination aux affaires publiques et à la vie politique.


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    2013   424 p.  128 € (anglais, français, allemand)

    (Egalement disponible en version collector XXL)

      Les Dernières Ethnies : avant qu’elles ne disparaissent (Jimmy Nelson) Des steppes d’Asie aux îles du Pacifique, en passant par les sommets himalayens, l’Américain Jimmy Nelson a fixé sur pellicule les ethnies qui tentent de préserver leur identité face au rouleau compresseur de la mondialisation.

    Article publiée dans le n° 55 (mars 2014) de Terraéco

       Il a posé son regard sur les Tsaatan de Mongolie, marché sur les pas des Himbas de Namibie et suivi les Asaro jusqu’en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

       Le photographe américain Jimmy Nelson a fixé les traces des « dernières » tribus de la planète. « Je voulais faire un travail ambitieux sur le plan graphique. Un travail que l’on ne pourrait effacer et qui conserverait la mémoire d’un monde qui disparaît très rapidement », dit-il.

    Maori, Nouvelle-Zélande. -Crédit Photo : © jimmy nelson pictures bv

       Si les images semblent exhumées d’un carnet d’aventurier du XIXe siècle, c’est bien un témoignage d’aujourd’hui que nous livre le photographe. L’œuvre est remarquable, même si le parti pris esthétisant délaisse les sentiers du journalisme et, a fortiori, ceux de l’anthropologie. Peu importe, sans doute. 

    Les Dernières Ethnies : avant qu’elles ne disparaissent (Jimmy Nelson)             Dropka, Inde et Pakistan. -Crédit Photo : © jimmy nelson pictures bv

    Cette déambulation planétaire – 44 pays traversés – nous touche autrement. Elle offre un miroir à l’humanité tout entière, dans lequel elle pourra se contempler et (re)découvrir ses origines. —

     Le site Before they   

       Cet ouvrage, qui fera date, présente les cultures tribales de par le monde. Avec la mondialisation, une attention toute particulière doit être portée sur ces sociétés pour leurs styles de vie distinctifs, leur art et leurs traditions. Elles vivent en harmonie totale avec la nature, ce qui est devenue une rareté dans notre ère moderne. Jimmy Nelson ne se contente pas de nous présenter à l’aide d’images stupéfiantes les coutumes et les artefacts, il nous offre également des portraits saisissants de peuples qui sont les gardiens d’une culture qu’ils ont l’espoir, ainsi que nous, de transmettre dans toute sa gloire aux générations futures. L’appareil photo de Nelson capture, pour la postérité, le moindre détail dans sa complexité et dans toute sa nuance. Qui plus est, cet apparat splendide est mis en valeur sur un fond de somptueux paysages parmi les plus vierges.

      Les Dernières Ethnies : avant qu’elles ne disparaissent (Jimmy Nelson)   Cet hommage aux cultures tribales de par le monde est un indispensable pour tous les amoureux de la photographie documentaire.

    Résonnera à des niveaux esthétiques, intellectuels et émotionnels – et sera un magnifique souvenir pour les générations futures.  (FNAC) 

    [Par Julien Beauhaire
     
     Les Dernières Ethnies : avant qu’elles ne disparaissent (Jimmy Nelson) Ils sont Kazakhs de Mongolie, Himba de Namibie, Huli, Asaro et Kalam de Papouasie, Chukchi de Russie, Mursi d’Éthiopie ou Massai de Tanzanie. Ils représentent les dernières civilisations tribales, « ces peuples intacts » qui vivent encore en totale harmonie avec la nature primitive. La rencontre entre le photographe Jimmy Nelson et les éditions allemandes d’art teNeues offrent à voir parmi les plus belles images des chasseurs-cueilleurs de notre planète.
       Plus qu’un livre de photographies, Les dernières ethnies avant qu’elles ne disparaissent constitue pour les générations futures un témoignage inédit de cette partie de l’humanité qui subsiste – encore – et ne connaît pas la mondialisation.
    Un véritable voyage en terre inconnue.]
                                                                              Kazakhs, Mongolie. -Crédit Photo : © jimmy nelson pictures bv
     Les Dernières Ethnies : avant qu’elles ne disparaissent (Jimmy Nelson)

     

    Les Dernières Ethnies : avant qu’elles ne disparaissent (Jimmy Nelson) Les Dernières Ethnies : avant qu’elles ne disparaissent (Jimmy Nelson)

     

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  • - Remettre l'agriculture familiale au centre des politiques agricoles

    Les gouvernements du monde doivent mettre en place des politiques en faveur de l'agriculture familiale, a lancé le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

    Dans un message lu en son nom au Forum mondial et à l'Exposition sur l'agriculture familiale tenus récemment à Budapest (Hongrie), Ban Ki-moon a estimé que "les gouvernements peuvent donner aux agriculteurs familiaux, et en particulier aux femmes et aux jeunes, les moyens d'agir en créant des politiques propices à un développement rural équitable et durable".

    Le secrétaire général de l'ONU estime qu'en intensifiant leur soutien en faveur des petits agriculteurs, ils contribueront à vaincre la bataille contre la faim dans le monde.

    Mais que "cela implique de meilleures infrastructures pour réduire les volumes de nourriture perdue après la récolte lorsque les petits producteurs ne peuvent ni stocker, ni transformer, ni transporter leurs marchandises".

    Pour sa part, le directeur général de la FAO, Graziano da Silva, a indiqué que les agriculteurs familiaux, les communautés de pêcheurs, les populations tributaires de la forêt, les éleveurs et les communautés traditionnelles et les peuples autochtones sont un élément essentiel de la sécurité alimentaire dans la plupart des pays, tout en comptant parmi les populations les plus vulnérables, précise-t-on sur le site de l'organisation onusienne. Pour Graziano da Silva, les agriculteurs familiaux sont tout simplement les gardiens de l'agro-biodiversité de la planète et de ses ressources naturelles.

    "Outre le fait qu'ils produisent une grande part de la nourriture que nous consommons, les agriculteurs familiaux sont de loin la première source d'emploi au monde", a argumenté le patron de la FAO.

    Ainsi, a-t-il insisté, il est plus urgent de protéger les agriculteurs familiaux des menaces croissantes pesant sur leur accès à la terre du fait des conditions d'insécurité et de la mainmise sur les terres.

    Il est à rappeler que l'année 2014 a été déclarée "L'Année internationale de l'agriculture familiale" (AIAF) dans l'objectif de la remettre au centre des politiques agricoles, environnementales et sociales dans les programmes d'action nationaux. Ce qui permettra de mieux "identifier les lacunes à combler et les opportunités offertes afin de favoriser la transition vers un développement plus équitable et plus équilibré", lit-on sur le site de la FAO. Et donc, de rehausser l'image de l'agriculture familiale et de la petite agriculture.

    Plus généralement, l'AIAF focalise "l'attention du monde entier sur leur contribution significative à l'éradication de la faim et de la pauvreté, à l'amélioration de la sécurité alimentaire, de la nutrition et des moyens d'existence, à la gestion des ressources naturelles, à la protection de l'environnement et au développement durable, en particulier dans les zones rurales", ajoute la FAO. Et de conclure : "L'agriculture familiale peut être un moyen de stimuler les économies locales, surtout si elle est associée à des politiques spécifiques axées sur la protection sociale et le bien-être des communautés".

    Notons qu'une étude récente portant sur 93 pays, indique que les fermes familiales représentent plus de 90% de toutes les exploitations agricoles. Cette étude rapporte aussi que les agriculteurs familiaux gèrent en outre la majorité des terres agricoles de la planète - jusqu'à 63% en Europe.


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  • La Société civile environnementale sollicite l'annulation du décret portant fixation des statuts du FNPSS

    Dans une correspondance adressée au Premier ministre, les membres de la Coalition nationale contre l'exploitation illégale du bois (CNCEIB) sollicitent l'abrogation du décret n°13/007 du 23 janvier 2013 portant fixation des statuts d'un établissement public dénommé Fonds national de promotion et de service social (FNPSS), conséquemment avec l'arrêté du ministère des Affaires sociales n°204/CAB.MIN/AFF.SAH.SN/2013.

    Cette option a été levée au cours d'une réunion que cette organisation a tenue le jeudi 6 mars 2014 au Centre Béthanie, à Gombe. Deux points ont été à l'ordre du jour, à savoir la mobilisation des parties prenantes sur la problématique de ce décret et l'arrêté ministériel portant modalités de participation des investisseurs publics et privés au financement de l'action sociale et humanitaire en République démocratique du Congo, ainsi que le partage de l'information sur l'évacuation des bois de source douteuse stockés au port de la Société congolaise des transports et des ports (SCTP, ex-ONATRA).

    Qualifiant ce décret du Premier ministre et l'arrêté ministériel qui en découle comme étant porteurs de germes de graves conflits sociaux entre les communautés locales et populations autochtones et les exploitants forestiers, la Coalition estime qu'il est susceptible de causer des dommages à l'Etat, eu égard aux investisseurs.

    Représentant la Fédération des industriels du bois à cette réunion, Mme Françoise a fait savoir que les dispositions prises par le gouvernement suscitent de sérieuses inquiétudes dans le chef des exploitants du bois.

    Selon elle, ce décret remet en cause le travail longtemps abattu pour aboutir au système des clauses sociales entre les exploitants, les communautés locales et peuples autochtones. Lequel système est très apprécié et est en voie d'être adopté par d'autres pays en Afrique centrale où le secteur est le mieux développé qu'en RDC.

    Elle estime que briser ce système peut porter atteinte aux entreprises et l'Etat peut en pâtir. « Les initiateurs de ce décret ont- ils analysé tous les contours du secteur? Il y a des doutes que le ministère de l'Environnement soit impliqué dans l'élaboration de ce décret, lui, qui s'est investi dans ce processus des clauses sociales que ce décret veut hypothéquer en ne prenant pas en compte les textes légaux en vigueur », a-t-elle déploré.

    Pour sa part, la Société civile environnementale pense que ce décret et l'arrêté constituent une grave atteinte aux moyens d'existence des communautés locales et peuples autochtones ; il mérite une abrogation pure et simple. En effet, l'analyse faite par Me Alphonse Longbwango, dont l'organisation CODHOD assure désormais le secrétariat de la Coalition, prouve à suffisance que ce décret proposé par le ministère des Affaires sociales sous l'œil de celui de l'Environnement, Conservation de la nature et Tourisme, viole les dispositions constitutionnelles, notamment les articles 56 et 57 de la Constitution en vigueur de la République démocratique du Congo. Il viole également le code forestier, le décret n°08/09 du 8/4/2008 portant fixation de la procédure d'attribution des concessions forestières, l'arrêté Ministériel n° 028 du 11/8/2008 portant modèle de contrat de concession forestière et, est en conflit sur la destination de fonds au titre du volet social.

    Aussi, ce même décret n°13/007 du 23 janvier 2013 ainsi que l'arrêté n°204/CAB.MIN/AFF.SAH.SN/2013 violent-ils les dispositions des articles 33 et 63 du code civil livre III.

    Une mesure salutaire

    S'agissant de la dénonciation de l'évacuation des bois de source douteuse stockés au port de la SCTP par la Société ITB, coupés illégalement par la société CEBA, la Coalition s'est dite satisfaite du fait que le ministère de l'Environnement ait saisi cette cargaison à travers le DCVI. Néanmoins, elle interpelle, face à cette situation, l'administration forestière et le pouvoir judiciaire qui ne s'engagent pas résolument à traquer les contrevenants à la loi forestière. Elle fustige aussi la persistance de la délivrance illicite des permis artisanaux et industriels aux personnes morales ou physiques en violation du code forestier, la récurrence des conflits entre les concessionnaires qui impacte sur les communautés locales et peuples autochtones, l'impunité des fonctionnaires de l'administration forestière qui posent des actes illégaux favorisant l'exploitation et exportation illégale et bien d'autres actes illégaux dans le secteur.

    Outre le fait de demander l'abrogation par le premier ministre du décret n°13/007 du 23 janvier 2013, conséquemment avec l'arrêté n° 204/CAB.MIN/AFF.SAH.SN/2013, la Coalition recommande à l'administration forestière, de veiller à l'application stricte des textes légaux et réglementaires pour ne plus favoriser l'exploitation illégale des bois et de mettre en place un système pour sécuriser les imprimés de valeurs ; publier tous les documents officiels sur le site internet du MECNT. D'autres recommandations ont été adressées à la FIB, la Société civile et aux agences de coopération multilatérale et ONG internationales.

    Il convient de souligner que la réunion a également permis aux membres de la Coalition d'élaborer leur feuille de route pour l'année 2014.

    A l'issue de la réunion, le chef de programme Forêt de WWF, Belmond Tchoumba, a insisté sur le suivi des recommandations ainsi formulées en rassurant de l'appui de son organisation pour que vive la Coalition et que soit arrêtée l'exploitation illégale du bois en RDC


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  • 2008    318 p.

       Grand classique de la collection " La Vie quotidienne ", cet ouvrage fut longtemps la principale introduction à l'étude des anciens Aztèques. Il demeure aujourd'hui une référence incontournable. La cosmologie, les croyances religieuses et les rites des Aztèques y sont présentés, ainsi que leur organisation sociale et politique, et les cadres qui rythment leur existence quotidienne. L'auteur conjugue avec bonheur le regard de l'ethnologue et le savoir de l'historien.

       Jacques Soustelle (1912-1990), à côté d'une vie publique tumultueuse et controversée, fut aussi un grand anthropologue, spécialiste des civilisations indiennes du Mexique, contemporaines et du passé. Il a été élu à l'Académie française en 1983.


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  • Le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou N’Guesso, a plaidé vendredi à Impfondo, près de 1000 km au nord de Brazzaville, pour l’intensification de la lutte contre la bio-piraterie en Afrique.

    Ouvrant les travaux du deuxième segment de la 3ème édition du Forum international sur les peuples autochtones d'Afrique centrale (FIPAC) qui se tient présentement à Impfondo sous le thème « Populations autochtones, savoir-faire traditionnel et économie verte », Denis Sassou N'Guesso a souligné la nécessité d'intensifier la lutte contre la bio-piraterie en Afrique.

    « Je voudrais saisir l'occasion présente pour m'insurger contre ce phénomène, il s'agit en réalité d'un véritable scandale. En effet, certains chercheurs et certaines entreprises s'accaparent les droits sur le matériel biogénétique, les techniques et les savoirs traditionnels. Ils privent ainsi les communautés détentrices de ces ressources ou de ces savoirs, de leur droit légitime. C'est le cas, hélas, des peuples autochtones et des Etats concernés. Il est temps que soit mis un terme à cette immoralité. », a déclaré le président congolais.

    Pour lui, « dans un monde où une grande partie de la population continue d'utiliser des savoirs et les méthodes traditionnels pour se nourrir et se soigner, dans une Afrique où 80 % de la population recourt à la médecine traditionnelle, l'intérêt de vos travaux relève de l'évidence ».

    « Ici à Impfondo, dans ce paradis écologique, l'homme est dans la nature et la nature est dans l'homme. Je parle de tous les hommes, certes, mais je parle particulièrement de l'homme autochtone, des peuples autochtones, peuples des origines, dépositaires de notre patrimoine originel.

    En créant le FIPAC, nous avons voulu proclamer notre foi et notre engagement dans la juste cause de l'épanouissement de ces peuples dignes et respectables auprès de qui nous avons tant à apprendre », a encore dit le président congolais.

    Il a formulé le vœu qu'au cours des travaux de cette rencontre, les experts portent « une attention particulière sur les problématiques tels que l'enjeu des savoir-faire traditionnels dans le cadre des droits de la propriété intellectuelle, l'évaluation du processus de mise en œuvre de la Convention sur la diversité biologique et le Protocole de Maboya de 2010 ».

    Ces deux instruments « accordent aux savoir-faire traditionnels une part libre et équitable des bénéficies directs de l'exploitation des ressources biologiques », a-t-il fait remarquer.

    Peu avant, d'autres intervenants se sont succédé à la tribune pour faire le plaidoyer des droits des peuples autochtones qui représentent 20 % de la population mondiale et 15% des plus pauvres du fait de leur situation.

    Au Congo, les peuples autochtones représentent près de 10% de la population et le gouvernement a promulgué en avril 2011 une loi sur la protection de leurs droits.


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  • Lors de l'inauguration matérialisant le transfert officiel du siège du Forum International sur les Peuples Autochtones d'Afrique Centrale (FIPAC), ce jeudi, à Impfondo, au nord du Congo, le président du Réseau des Organisations de la Société Civile pour l'Economie Verte de l'Afrique Centrale (ROSCEVAC), le Gabonais, Nicaise Moulombi, a plaidé pour que l'Union Africaine (UA), intègre désormais le FIPAC dans son agenda de travail.

    Le président du ROSCEVAC qui a aussi promis poursuivre son plaidoyer et lobbying pour la réussite de la transition de l'institutionnalisation du FIPAC par la CEEAC, recommande également que « l'Union Africaine et la CEEAC lancent un plaidoyer auprès l'Union Européen , des Nations Unis et l'ensemble des partenaires au développement pour une étude complète conduisant vers un répertoire des emplois et métiers des savoirs faire traditionnels et de l'économie verte afin de permettre une meilleure prise en compte et évolution des métiers et compétences des savoirs traditionnelsé » en plus de la « signature d'un accord cadre avec l'Union Africaine, le secteur privé pour la mise en œuvre du plan d'actions de recherche de développement sur l'économie et la gestion durable des savoirs traditionnels des ressources vertes en vue de leur intégration à la convention de NAGOYA et au principe 10 de la convention de RIO aux initiatives en cours de développement au Nations unis ».

    Nicaise Moulombi, a aussi fait une plaidoirie en faveur de la CEEAC, à qui, il incombe désormais la lourde responsabilité de s'occuper de la gestion et du fonctionement du patrimoine du FIPAC. Pour lui, la création d'un fonds de savoir faire traditionnels, fort qui passe par un prélèvement d'un pourcentage de 5 à 10% du budget voté par le parlement des pays de la sous région, et un mécanisme d'engagement du fonds indexé à la loi de finance de chaque Etat membre.

    « Le ROSCEVAC souhaite que cet accord de remise officiel donne tout pouvoir à la CEEAC pour la mise en place d'un mécanisme de récupération des fonds du bassin du Congo logés dans certaines institutions financières, en l'absence d'un mécanisme financier dans notre sous région adapté à nos réalités. Cet accord devrait permettre d'arrêter la prédation des fonds destinés au bassin du Congo qui par prétexte de bonne gouvernance passe par des ONG internationales ou par des tierces personnes sans même donner la moindre information aux autorités des pays bénéficiaires pour soutenir la transition des savoirs traditionnels », a relevé en remerciant la CEEAC d' « avoir pris en compte la société civile dans la stratégie de mise en œuvre de l'économie verte ».

    M. Moulombi, pense en outre que que « l'encrage institutionnel du Fonds pour l'économie verte en Afrique Centrale devrait permettre la réussite de la transition verte pour une croissance inclusive, une prospérité partagée et durable par la transformation locale des matières premières, de l'exploitation des métiers verts par l'ensemble des acteurs (verts) aux moyens d'actions de développement, de coopérations et de partenariats porteurs, de formation, de recherche, d'appui conseil et de services en vue de la dynamisation du leadership des institutions de la sous-région ».

    Il a rassuré de la disponibilité du ROSCEVAC, à faciliter toute initiative d'intégration, de développement et de renforcement des capacités en faveur des pays d'Afrique Centrale pour l'émergence des savoir traditionnels l' économies vertes. Toute chose qui selon lui, passe par la libre circulation des personnes et des biens dans l'espace CEEAC pour la réussite de la transition des savoirs traditionnels vers l'Economie verte.


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