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Aux limites de la connaissance: en solidarité avec les peuples autochtones

Le 21 juin, le Canada célèbre la Journée nationale des Autochtones. Cette même journée, nous entendrons parler du vécu de personnes autochtones ayant survécu aux pensionnats indiens lors de leur témoignage devant la Commission de vérité et de réconciliation du Canada. La juxtaposition de ces deux événements, la dénonciation du racisme sanctionné par l’État et l’affirmation de la pérennité des cultures autochtones, symbolise tout à fait les défis que doivent relever les peuples autochtones au Canada et ailleurs. Alors que ces communautés doivent composer avec une grande pauvreté, des niveaux de santé rivalisant avec ceux des pays les plus pauvres de la planète, des niveaux extrêmes de violence contre les femmes et un accès limité à une éducation de qualité pour leurs enfants, la ténacité du combat que mènent ces nations et ces communautés pour assurer la survie et l’épanouissement des personnes, de leur culture, leur langue et leur terre est tout aussi frappante.

En raison des nombreux obstacles auxquels font généralement face les personnes autochtones, il arrive souvent que l’on nous demande ce qu’Inter Pares fait pour appuyer les combats de ces peuples. Inter Pares travaille avec des personnes qui luttent pour préserver leurs terres, leur culture, leurs moyens de subsistance et leurs communautés face à l’exploitation économique, la destruction de l’environnement, les excès du « développement » ou les ravages causés par les conflits et les guerres civiles.

Cela signifie qu’à travers le monde, Inter Pares est souvent engagée sur le même terrain que les nations autochtones avec lesquelles nous faisons cause commune. Aux quatre coins du monde, nous collaborons avec ces communautés et des organisations qui les appuient pour s’opposer aux forces qui, si elles ne sont pas contrôlées, détruisent les paysages physiques et sociaux et empêchent l’éradication de l’exclusion socio-économique chronique qui est encore le lot de trop de personnes. Une part importante de notre travail vient en appui aux peuples autochtones et à leurs efforts pour recouvrer leur culture, élément central dans leur lutte contre l’oppression.

Ainsi, au Bangladesh, Inter Pares collabore depuis plus de trente ans avec Nijera Kori. Parmi les plus pauvres du Bangladesh, les peuples autochtones auprès de qui oeuvre Nijera Kori s’organisent pour avoir accès aux ressources de leurs territoires forestiers traditionnels, accès qui pourrait leur permettre d’assurer leur subsistance de manière durable. À la frontière indo-birmane, la Chin Human Rights Organization appuie les personnes autochtones de l’état Chin à documenter et dénoncer les violations des droits de la personne, renforçant ainsi leurs capacités à exprimer elles-mêmes les injustices dont elles sont victimes. Dans les Amériques, les peuples autochtones sont en première ligne de l’action pour la paix et la justice au sein des communautés touchées par les conflits armés qu’Inter Pares et Project Counselling Service accompagnent et appuient.

Enfin, chez nous, au Canada, on compte de nombreuses personnes autochtones parmi les militants des coalitions avec lesquelles nous collaborons; celles-ci enrichissent notre action collective de leur point de vue et de leur savoir indispensables pour transformer les structures inégalitaires du pouvoir qui oppriment. Au fil des ans, Inter Pares a organisé de nombreux échanges entre des groupes autochtones du Canada et des homologues nationaux et internationaux faisant face à des défis similaires, favorisant ainsi les échanges et les apprentissages mutuels de stratégies ainsi que la mise en place de relations d’appui et d’entraide.

Dans cette édition de notre Bulletin, vous en apprendrez plus sur les leaders autochtones qui ont collaboré avec nous à l’élaboration du document « Pour une politique alimentaire populaire». Durant ce processus, les participants ont atteint à plusieurs reprises ce que Dawn Morrison, une leader de la nation Shuswap de Colombie-Britannique, appelait les « limites de la connaissance », c’est-à-dire ce moment où l’on quitte le terrain connu et où l’on reconsidère notre manière de voir le monde et la place qu’on y occupe. Lorsque nous nous engageons avec d’autres dans la lutte en faveur de la justice sociale, il faut être sensible à ces moments, car c’est à travers ceux-ci que nous pouvons découvrir de nouvelles voies pour aller de l’avant, des voies respectueuses des besoins, aspirations et points de vue de toutes et tous.

Qu’il s’agisse de faire la lumière sur une réalité cachée, de proposer de nouvelles manières d’assurer une alimentation saine à toutes et tous ou de collaborer pour limiter l’impact socio-environnemental de l’exploitation minière irresponsable, les récits qui composent ce Bulletin racontent quelques-unes des innombrables contributions des peuples autochtones qui oeuvrent à l’amélioration du monde dans lequel nous vivons. En travaillant ensemble, chacun d’entre nous peut trouver, puis franchir, les « limites de sa connaissance »

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