Des députés nationaux et des représentants des peuples autochtones recadrent le débat sur les doits des populations autochtones en RDC. A travers un atelier organisé à Kinshasa, ils réfléchissent sur la reconnaissance des droits des peuples autochtones en RDC. Le restaurant La Fleur de Sel à Gombe sert de cadre à cette activité. Il s’agit, entre autres, d’une prise de contact des députés membres du collectif des parlementaires travaillant avec les peuples autochtones pygmées et les organisations autochtones en vue de l’élaboration de la feuille de route. Objectif : élaborer l’agenda de travail du collectif des parlementaires œuvrant en faveur des peuples autochtones pygmées au sein du Parlement pour cette année et pour les cinq années à venir.
L’atelier s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations entre les peuples autochtones et les communautés voisines. Ce qui est conforme à la loi n°5-2011 du 25 février 2011, portant promotion et protection des droits des populations autochtones.
«Les populations autochtones, groupes et individus sont libres et égaux en droit et en dignité comme tous les autres citoyens de la nation», stipule l’article 2 de cette loi.
Dans son allocution de circonstance, le député Bruno Lapika Dimomfu a circonscrit le cadre de cet atelier. Il a ensuite émis le vœu de voir cet atelier aboutir à des résultats pouvant réjouir non seulement les peuples autochtones, mais aussi les communautés voisines. Face à la marginalisation des peuples autochtones, a-t-il indiqué, il y a un besoin immense des textes régissant les relations entre ces populations autochtones et leurs voisins, surtout la reconnaissance de leurs droits spécifiques.
Selon la Constitution de la RDC et le règlement intérieur de l’Assemblée nationale, a-t-il rappelé, la tâche d’initier une loi, une ordonnance ou tout autre texte juridique de référence relève soit de l’Assemblée nationale, soit du gouvernement. Ce qui justifierait l’étroite collaboration entre la Dynamique générale pour les peuples autochtones (DGPA) et les députés. Cela, en vue de mettre en place une sous-commission autochtone permanente au sein du Parlement, chargée des droits des peuples autochtones. Une sous-commission qui pourra veiller à l’intégration du respect du libre consentement des peuples autochtones avant toute exploitation forestière.
DEVELOPPER LES PEUPLES AUTOCHTONES
Le coordonnateur de la DGPA a vanté le mérite des députés qui ont pris part à cet atelier. Les relations entre peuples autochtones et les communautés voisines, a-t-il précisé, sont souvent considérées comme construites sur un déséquilibre de forces. Et la prise de décisions en matière de développement des peuples autochtones pose des problèmes éthiques. Ceux-ci reposent, entre autres, sur quatre concepts fondamentaux. Notamment le pouvoir de décision, le consentement libre et éclairé, la participation des peuples autochtones et la reconnaissance de leurs droits.
A noter qu’en son article 3, la loi n°5-2011 du 25 février 2011 dispose ce qui suit : «L’Etat s’assure que les populations autochtones sont consultées d’une manière convenable, et met en place des mécanismes culturellement appropriés pour ces consultations avant toute considération, formulation ou mise en œuvre des mesures législatives ou administratives, ou des programmes et/ou projets de développement susceptibles de les affecter directement ou indirectement».
Pour rappel, la DGPA est une plate-forme d’organisations des pygmées et celles accompagnant les pygmées. Elle a été créée le 18 février 2005 à Kinshasa. Elle est enregistrée sous le F-92 12440, conformément au décret-loi n°004/2001 du 20 juillet 2001, portant dispositions générales applicables aux associations sans but lucratif et aux établissements d’utilité publique en République démocratique du Congo.