Trois militants papous ont brièvement occupé le consulat australien à Bali, a-t-on appris de sources officielles, profitant du sommet de l'Asie-Pacifique pour attirer l'attention sur la situation des droits de l'homme en Papouasie indonésienne.
Les trois hommes ont escaladé dans la nuit de samedi à dimanche le mur de la mission diplomatique à Denpasar, capitale provinciale de Bali, avant de quitter les lieux volontairement quelques heures plus tard.
Les militants demandent à l'Australie, au Japon et aux Etats-Unis de faire pression sur l'Indonésie pour faire cesser les violations des droits de l'homme en Papouasie indonésienne, où sévit une rébellion indépendantiste larvée.
Les Papous entendaient profiter de l'organisation sur l'île de Bali du sommet du forum de Coopération économique de l'Asie-Pacifique (Apec), qui regroupe 21 pays de la région, pour "faire savoir au monde ce qui se passe en Papouasie", a expliqué l'un d'eux, Rofinus Yanggam.
"Nous voulons que les dirigeants de ces pays fassent pression sur l'Indonésie pour qu'elle libère les prisonniers politiques papous", a-t-il ajouté à l'AFP, demandant également que les journalistes étrangers soient autorisés à se rendre en Papouasie indonésienne, zone qui leur est actuellement de facto interdite.
Le ministère australien des Affaires étrangères a confirmé que "trois individus des provinces papoues d'Indonésie avaient remis une lettre de protestation au consul de Bali ce matin" (dimanche), sans parler d'occupation des lieux.
"Les trois hommes ont quitté le consulat de manière volontaire avant 7 heures" (23h00 GMT samedi), a précisé à l'AFP un porte-parole du ministère.
La lettre remise au consul, signée de l'Alliance des étudiants papous, un groupuscule militant, demande au secrétaire d'État américain John Kerry et aux Premiers ministres australien Tony Abbott et japonais Shinzo Abe de "convaincre le gouvernement indonésien de mieux traiter les Papous" et de libérer les "prisonniers politiques", arrêtés "pour avoir discuté des droits de l'Homme".
Vaste région peu peuplée mais très riche en ressources naturelles, la Papouasie a été annexée par l'Indonésie en 1969. La zone, qui forme la partie occidentale de l'île de Nouvelle-Guinée, sortait alors de plus d'un siècle de colonisation néerlandaise.
Depuis, des groupuscules indépendantistes mènent régulièrement des actions ponctuelles, tandis que des organisations des droits de l'Homme dénoncent une répression policière et militaire brutale. Survival International, mouvement de défense des peuples indigènes, estime à 100.000 le nombre de civils "tués depuis l'occupation indonésienne".