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L'armée du Brésil en tampon entre Indiens et agriculteurs

La présidente brésilienne Dilma Roussef a annoncé mardi l'envoi de troupes fédérales afin d'éviter que de nouvelles violences éclatent à la suite de l'occupation de terrains agricoles, dans l'Etat amazonien du Mato Grosso do Sul. Plusieurs tribus indigènes y revendiquent leur héritage.

José Cardozo, le ministre brésilien de la Justice, avait dans un premier temps temporisé, après la demande par des élus du Mato Grosso do Sul d'une intervention de l'armée.

"Nous devons éviter de radicaliser une situation qui remonte loin dans l'histoire du Brésil", avait-il dit. "Nous n'allons pas jeter de l'huile sur le feu."

Le ministre, qui doit rencontrer jeudi des représentants de différentes tribus, a par ailleurs démenti que le gouvernement comptait réduire le rôle du Funai, l'agence gouvernementale qui gère les questions liées aux peuples indigènes. Le Funai réserve actuellement 13% du territoire brésilien aux tribus indigènes, l'une des plus importantes proportions au monde.

Le directeur de cabinet de la présidente Dilma Rousseff avait annoncé le mois dernier une réduction des pouvoirs du Funai, ce qui a provoqué la colère des tribus de l'Amazonie. "Le gouvernement nous a abandonnés", a regretté Deoclides de Paula, un chef indien. "Dilma ne soutient pas les peuples autochtones."

Barrage de Belo Monte

Les tensions se sont aggravées la semaine dernière, après la mort d'un Indien Terena d'une trentaine d'années, tué lors de l'évacuation par la police d'un terrain occupé et appartenant à un agriculteur du Mato Grosso do Sul.

Les syndicats d'agriculteurs accusent de leur côté le Funai de chercher à les évincer de terrains qui sont pour certains contrôlés depuis plus de 150 ans par les descendants de colons européens.

Le gouvernement brésilien est en outre confronté à l'occupation par des membres de la tribu Munduruku du site du futur barrage de Belo Monte, dans l'Etat du Para. Sa construction conduirait à l'évacuation de près de 20'000 Indiens.

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