À l’heure actuelle, 120 collectivités autochtones doivent faire bouillir leur eau avant de la boire. Dans certains cas, cette situation dure depuis plus de 10 ans. Il serait inconcevable de laisser une telle situation perdurer dans un grand centre, mais c’est pourtant la réalité quotidienne de milliers d’Autochtones.
En 2005, un rapport de la commissaire à l’environnement et au développement durable soulignait que les réserves autochtones n’ont pas de loi ou de règlement qui régit l’approvisionnement en eau potable. Pourtant, 10 ans plus tôt, Affaires indiennes et du Nord canadien et Santé Canada avaient déjà fait savoir que le quart des systèmes de distribution d’eau des réserves posaient de graves risques pour la santé et la sécurité.
Selon l'Institut Polaris et l’Assemblée des Premières Nations, le gouvernement fédéral serait en grande partie responsable de la situation, car il aurait mal aménagé les puits et les systèmes de filtration et se serait par la suite soustrait à sa responsabilité de les entretenir et de les réparer.
Au mois de mai 2010, le gouvernement conservateur a déposé au Sénat le projet de loi S-11, connu également sous le titre Loi concernant la salubrité de l’eau potable sur les terres des Premières nations.
À première vue, ce projet de loi et son règlement semblent répondre aux besoins des Premières nations et constituer un premier pas important vers l’accessibilité des services d’eau potable pour toutes les collectivités autochtones. Or, ce n’est aucunement le cas. En fait, ce projet de loi vise à refiler la responsabilité du gouvernement fédéral relativement à l’approvisionnement en eau potable aux leaders des Premières Nations sans prévoir l'octroi de fonds et de ressources pour ce faire.
Voici ci-dessous d'autres lacunes importantes du projet de loi :
Le projet de loi S-11 est mort au Feuilleton le 25 mars 2011 alors que Stephen Harper a été trouvé coupable d'outrage au Parlement et que son gouvernement a été dissout. On prévoit que ce projet de loi sera présenté de nouveau.