• Des dirigeants du peuple Ogoni réaffirment leur appartenance au Nigeria

    Les dirigeants du peuple Ogoni, dans le sud du Nigeria, ont rencontré lundi le président Goodluck Jonathan pour se dissocier de la récente déclaration d'indépendance prononcée par les membres de la faction du Mouvement pour la survie du peuple Ogoni (MOSOP). Parmi eux figurent des chefs traditionnels, des mandataires politiques, des membres du milieu universitaire et de la société civile sous la direction du sénateur de la localité, Magnus Abe.

    Le président d'une des factions du MOSOP, Goodluck Diigbo, avait  déclaré le 2 août dernier l'autonomie politique pour le peuple Ogoni, rappelle-t-on.

    «Par cette déclaration d'autonomie politique, nous, peuple Ogoni, sommes déterminés à appliquer la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, sans crainte ni recul», avait-il déclaré en direct sur une radio locale.

    Mais le sénateur Abe avait souligné que le peuple Ogoni restera avec le Nigeria et qu'il s'engage à la pérennité de son existence.

    Selon lui, le Nigeria a les potentiels d'une grande nation et ils soutiennent tous les efforts pour les réaliser.

    «Même si le peuple Ogoni a toujours soutenu l'appel à la dévolution du pouvoir aux collectivités locales afin de refléter le vrai fédéralisme qui fonde la nation nigériane, nous tenons à vous assurer, Monsieur le Président et, en fait, assurer au peuple nigérian que le peuple Ogoni reste attaché à l'unité l'état nigérian et que nous restons dans le Nigeria», a-t-il affirmé.

    'Nous exigeons, également, l'intégration économique et sociale du peuple Ogoni grâce à des initiatives de développement spécifiques. Il convient de rappeler que le chef de la mission d'enquête du secrétaire général des Nations unies au Nigéria avait dans les années 1990 formulé cette recommandation à l'égard d'Ogoni», a-t-il ajouté.

    Le sénateur a déclaré que les populations partagent les efforts du président visant à mettre le pays sur la bonne voie et aussi ses mesures pour surmonter les différents problèmes qui assaillent le pays, notamment la sécurité.

    Il a déclaré que la présence de la délégation au palais présidentiel a pour but d'attirer l'attention du président Jonathan sur les différents problèmes auxquels les populations sont confrontées et qu'il comprend pour l'essentiel.

    Il a déclaré que les gens sont préoccupés par le fait qu'il a fallu un an au gouvernement fédéral pour commencer le processus de mise en œuvre du rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement pour la zone Ogoni.

    Il a, toutefois, demandé l'assurance du gouvernement fédéral que le rapport sera pleinement mis en œuvre et que le milliard de dollars recommandé dans le rapport sera entièrement consacré à la zone.

    «Dans le rapport du PNUE que vous avez reçu le 12 août 2012, vous pouvez à présent prendre conscience de l'ampleur de la dévastation de l'environnement du peuple Ogoni, non seulement le sol aquatique et terrestre ont subi des dommages inestimables mais la santé du peuple a été sévèrement ébranlée par la pollution des hydrocarbures', a-t-il déclaré.

    «Tout Ogoni est un potentiel patient du cancer. Avec cette situation tragique et catastrophique, le peuple Ogoni est préoccupé par une absence prolongée de réponse stratégique du gouvernement fédéral aux conclusions du rapport', a ajouté le sénateur.

    'Contrairement à la recommandation du PNUE pour la mise en place de l'Agence Ogoni pour la restauration de l'environnement qui soit spécifique à Ogoni, le gouvernement fédéral a décidé d'établir un programme plus large pour englober d'autres localités qui connaissent la pollution par les hydrocarbures. Nous espérons que cette large compétence ne compromettra pas la mise en œuvre du rapport du PNUE. Le peuple Ogoni sera heureux de recevoir l'assurance du gouvernement fédéral que la recommandation du PNUE sur les Ogonis sera entièrement mis en œuvre indépendamment de l'intervention dans d'autres localités», a poursuivi le sénateur.

    M. Abe a suggéré que la mise en œuvre se fasse sous la surveillance d'un organisme internationalement reconnu qui exercera la surveillance et la responsabilité de l'assurance qualité.

    Il a, en outre, suggéré que la responsabilité soit confiée au PNUE qui a préparé le rapport et il a déclaré qu'une justice différée est une justice refusée et que la question de l'indemnisation soit réglée sans délai.

    Il a également  appelé le président à faire en sorte que les gens soient régulièrement consultées sur le nettoyage de la zone tel que recommandé par le rapport.

    Décrivant la création de l'état comme un outil pour le développement national, il a ajouté que les populations de la région ont exigé la création de l'Etat de Bori.

    Il estime que la pauvreté et le manque d'opportunités sont les principales causes majeures du soulèvement des jeunes dans la région tout en regrettant que les jeunes Ogoni n'aient pas bénéficié du programme d'amnistie du gouvernement fédéral sans doute en raison de leur nature non-violente.

    Sur la protection des pipelines, le sénateur Abe a exigé que le peuple Ogoni devrait être autorisé à participer à la surveillance des oléoducs.

    Il a également appelé le président Jonathan à s'occuper de l'état déplorable de certaines des principales routes de la région.

    Il voulait aussi que l'intervention du gouvernement dans les domaines de l'approvisionnement en eau ainsi que le développement d'une nouvelle ville et d'une zone industrielle comme promis.

    Le peuple Ogoni s'oppose depuis très longtemps au gouvernement fédéral et aux compagnies pétrolières présentes dans leur localité sur les droits et les dédommagements, ce qui avait conduit le 10 novembre 1995 à la pendaison de son chef, Ken Saro Wiwa, et de neuf autres responsables du MOSOP.


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