• «La stabilité et la réussite d'une famille dépendent de l'éducation de la femme» [interview]

    Pour avoir une famille équilibrée, il est indispensable que la femme, en tant que maîtresse du ménage, soit dotée d'une éducation de base bien solide pour lui permettre d'être à la hauteur de ses tâches.

    Cela va lui permettre de bien élever ses enfants, de stabiliser son foyer et de consolider la paix au sein de la famille. A cet effet, Le Phare s'est intéressé à l'ONGD « SEASFEC » (Structure d'Encadrement et d'Assistance Sociale des Femmes et des Enfants au Congo), qui encadre les femmes et filles de toutes catégories, dans la prise de conscience de leur rôle. La rencontre avec Evelyne Ndundu Mambweni, première vice- présidente de l'ONG, a eu lieu le 26 février 2014, dans l'un des centres de l'association, dans la commune de Lingwala.

    Votre ONGD vise essentiellement l'éducation de la femme. Pourquoi ce choix ?

    La femme est l'élément moteur de l'éducation et d'éradication des conflits qui tirent généralement leur origine dans la famille. Pourtant, cette dernière est la cellule de base d'une société. Et c'est à la femme que revient la responsabilité de gérer la famille en y instaurant un climat de paix, traduit par une bonne éducation des enfants, une gestion adéquate du mari et de la maison tout entière. D'où la nécessité que la femme soit elle -même avant tout bien éduquée, afin d'être à la hauteur de sa tâche. Raison pour laquelle, nous avons estimé important d'avoir pour cible principale « la femme », étant donné qu'elle est la maitresse de la famille. D'où l'adage : «Eduquer une femme, c'est éduquer toute une nation».

    De manière précise, que poursuivez-vous comme objectif ?

    Nous sommes une ONG à vocation humanitaire ayant pour objectif la protection, l'encadrement, l'assistance de la femme, de l'enfant et des populations autochtones. Cette démarche est rendue possible à travers les formations visant l'éducation, que nous leur donnons, afin qu'elles prennent conscience de leur rôle en société pour lutter contre l'ignorance, la pauvreté, le chômage et la ségrégation sociale.

    Vous faites allusion aux peuples autochtones. Pourquoi cet intérêt étant donné que cette catégorie de la population est difficile à atteindre ?

    L'éducation touche toutes les couches de la société sans aucune discrimination possible. Les populations autochtones sont des êtres comme tout le monde. Malheureusement, cette franche de la population souffre d'une certaine discrimination qui fait qu'elle soit souvent oubliée et défavorisée. Nous avons jugé utile de nous approcher d'elle afin que les femmes pygmées bénéficient également de cette formation pour leur permettre de s'émanciper et s'intégrer dans la société. Vu que c'est une population qui vit retranchée du monde, elle a des représentations dans le pays à partir desquelles, nous pouvons les atteindre et comprendre leur mode de vie.

    Par rapport à votre vision, que menez-vous comme action pour relever le niveau de la femme ?

    Nous sensibilisons la femme à travers des formations pratiques sur tous les plans qui influent sur sa vie quotidienne, conjugale et familiale. Nous avons remarqué un pourcentage élevé de filles-mères, d'enfants abandonnés, de divorcés, des veuves. Et aussi des femmes et des filles intellectuelles ou non, qui sont victimes de divorce dans la majorité de cas parce qu'elles ne savent pas préparer les aliments ou faire le ménage et l'assainissement environnemental et culinaire, etc. Dans tous ces cas, nous comprendrons que ces conséquences découlent très souvent du manque d'éducation de la femme. Nombreuses sont les femmes qui ne connaissent pas leur rôle. A cause de cette méconnaissance, elles se crée des conflits avec elles-mêmes et avec les autres.

    Ces derniers temps, nous remarquons la naissance de plusieurs ONG qui généralement n'atteignent pas leurs objectifs et disparaissent, faute de financement. Ne serais- ce pas le cas avec vous ?

    Ces ONG qui disparaissent du jour au lendemain juste après leur naissance, visent dans la plupart des cas, l'argent provenant des financements des partenaires extérieurs. Il y a deux hypothèses : soit elles ne trouvent pas des bailleurs de fonds pour atteindre leurs objectifs, soit elles en trouvent mais gèrent mal le financement en l'utilisant à leurs propres fins. Notre ONG se veut modèle en visant plus la sensibilisation de l'être féminin. Nous nous intéressons en premier lieu à la formation afin de relever le niveau de l'éducation de la femme qui connaît un sérieux problème. C'est pourquoi, nous avons commencé par nos propres moyens associés à la volonté des formateurs qui travaillent encore pour l'instant en bénévolat. En plus, ces femmes et filles reçoivent gratuitement la formation hormis la contribution des membres qui revient à 1000 FC par mois. Nous avons d'énormes ambitions qui nécessitent l'apport financier des partenaires car à nous seules, ces projets seront difficiles à réaliser.

    Actuellement, on parle de plus en plus de la femme et de la parité. Mais l'on remarque que la femme à tendance à abandonner ses tâches de ménagère sous prétexte de l'émancipation. Qu'en pensez-vous ?

    C'est vrai qu'il y a parfois une confusion dans la compréhension de la parité en ce qui concerne la prestation de service par les hommes et les femmes, les rôles de ces dernières dans le foyer, la famille et la société. En effet, certaines intellectuelles pensent que la parité, c'est abandonner leur rôle pour que l'homme le fasse à leur place. C'est-à-dire éduquer les enfants, faire le ménage, etc. La parité n'est pas l'éducation mais elle est un acquis à partir de l'instruction qui exige que les femmes fassent preuve de leurs capacités intellectuelles ou physiques tout comme les hommes. Malgré son rang social ou ses études, la femme est premièrement ménagère parce que c'est elle qui est la maîtresse du ménage qui n'est rien d'autre que sa maison.

    Ne pensez- vous pas que les conditions socio-économiques actuelles du pays pourraient avoir une influence négative sur l'éducation et les valeurs morales de la femme ?

    Les conditions sociales, économiques ou financières du pays ne peuvent pas être un obstacle dans l'éducation de la femme.

    Qu'envisagez-vous à l'avenir ?

    Nous comptons implanter des centres de formation dans tous les quartiers de la ville, surtout dans la périphérie où l'on trouve un pourcentage élevé de femmes et filles ignorantes et dont l'éducation est vraiment au rabais. Nous envisageons aussi de construire des ateliers d'apprentissage en coupe et couture et en hôtellerie pour permettre à certaines d'entre elles, de mettre en pratique les leçons apprises et de gagner un peu d'argent.


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