• Les Cris, pionniers dans la reconnaissance des droits des Amérindiens

    La nation crie de la Baie-James, dans le Nord du Québec, a bâti depuis 40 ans une organisation socio-politique forte et sans égale par rapport aux autres peuples autochtones des Amériques.

    Ces 16.000 Amérindiens règnent sur un territoire boréal appelé Eeyou Istchee (La terre du peuple) compris entre le 49e parallèle au sud, la taïga au nord, la Baie-James à l'Ouest et la chaîne des Monts Otish à l'Est.

    Historiquement, les Cris sont des nomades qui se partagent les forêts et rivières par clans familiaux. Dans ces latitudes élevées, où l'hiver dure au moins six mois par an, l'agriculture n'a jamais été pratiquée, la chasse --à l'orignal, au caribou forestier, aux animaux à fourrures-- et la pêche ont toujours fourni l'alimentation principale des Cris.

    Jamais vraiment en contact avec les Blancs, hormis pour leur échanger des peaux, les Cris sont brutalement sortis de leur isolement au début des années 1970 lorsque le gouvernement québécois a voulu élever de gigantesques barrages hydroélectriques sur leur territoire.

    Forcé de négocier, le Québec a signé en 1975 des accords sur l'occupation du territoire cri et inuit, laissant à ces deux nations bien plus de prérogatives que ce que ne prévoit la Loi sur les Indiens (1867) qui s'applique aux autres communautés autochtones du Canada.

    Les Cris ont dû se sédentariser dans des villages flambants neufs, bien que certains, en particulier les tallyman (maîtres trappeurs) et les chamans, continuent à passer leur vie en forêt.

    En 2002, les Cris signent avec le Québec La Paix des Braves, portant sur l'exploitation des ressources naturelles de leur territoire. Ce traité prévoit le versement de plus de 200 millions de dollars d'indemnités aux Cris en 50 ans.

    Ce pécule géré par le gouvernement de la nation crie, fait notamment fonctionner leur compagnie aérienne, Air Creebec.

    En 2012, pour exploiter des ressources minières, un nouvel accord vient renforcer la souveraineté des autochtones: rien ne peut se faire sur leur territoire sans leur consultation préalable.

    Après 40 ans de lutte pour faire reconnaître ses droits ancestraux, le gouvernement cri se bat désormais pour sanctuariser la vallée de la Broadback, l'une des dernières forêts boréales intactes du Canada, grande comme la moitié de la Belgique.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :