• Le ‘Dalaï Lama de l’Amazonie’ appelle les gouvernements présents à Rio+20 à faire pression sur le Brésil pour sauver la tribu la plus menacée au monde en réprimant l’exploitation forestière illégale.

    S’exprimant en amont de la conférence des Nations-Unies, le leader indien de renommée internationale Davi Kopenawa Yanomami a déclaré que l’unique façon de garantir la survie des Awá est de protéger leurs droits territoriaux.

    Considérant les Awá comme ses frères, il a rapporté que ‘leurs forêts disparaissent à un rythme beaucoup plus élevé que celles de toute autre tribu amazonienne’. ‘Combien de temps le gouvernement attendra-t-il encore avant de prendre des mesures pour expulser les colons, les éleveurs et les bûcherons clandestins et d’assurer la protection de leur territoire?‘, s’est-il interrogé.

    Davi, qui a acquis une renommée internationale dans la lutte de longue haleine qu’il a mené pour sauver son peuple de l’extinction, sera présent à la conférence de Rio. Il a exhorté tous les participants à demander à la présidente brésilienne d’agir de toute urgence en faveur des Awá.

    Aujourd’hui, pour coïncider avec Rio+20, les Awá ont diffusé leurs propres vidéos dans lesquelles ils appellent le gouvernement brésilien à mettre un terme à la déforestation illégale.

     

     


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  • A l’écoute des peuples originaires d’Amérique latine

    Crédit photo : Marie Laloum

    Le projet Amérila est un recueil de témoignages des peuples indigènes au Chili, en Argentine, au Paraguay et au Brésil qui vise à faire entendre leur voix en Europe.

     

    Mené par Marie Laloum, ce projet est né d’une intention de se placer à l’écoute des peuples originaires d’Amérique latine : à l’écoute de leur culture, leur identité, leur mode de vie, leur lutte territoriale ou encore de leurs envies pour l’avenir.

    Sous la forme de documentaires sonores qui ont pour but de sensibiliser aux enjeux liés aux droits des populations autochtones, ces portfolios sonores sont issus de plusieurs mois d’immersion dans les zones reculées où vivent en minorité des peuples originaires, rencontrés en partie grâce à des organisations locales.

    Cette démarche vise à construire des échanges entre les jeunes issus de différentes communautés indigènes et de croiser les regards sur leur réalité de vie. Les témoignages seront transmis dans chacune des communautés afin de partager sur des sujets communs, mais aussi des points de divergence.

    En partenariat avec France Libertés, ICRA International et France Culture pour le volet de sensibilisation en Europe, les documentaires seront diffusés pour permettre au public européen de connaître les revendications de ces peuples sur leurs droits et leur environnement.

    Les peuples originaires (autochtones) représentent plus de 34 millions de personnes en Amérique latine. Ils subissent bien souvent de nombreuses privations et répressions liées à l’accès à leur territoire ancestral et aux ressources naturelles, et la reconnaissance de leurs droits socio-culturels et environnementaux sont bien souvent bafoués.

    Le projet Amérila s’est intéressé, dans un premier temps, aux peuples Mapuche, Tobas et Guaranis. Les Mapuches vivent au sud du Chili et de l’Argentine, les Tobas se situent au nord de l’Argentine et du Paraguay, et les Guaranis s’étendent du Paraguay au Brésil. Ces populations originaires sont confrontées au développement de mégaprojets sur leurs territoires, telles que l’exploitation de l’eucalyptus qui assèche les terres, ou encore la monoculture du soja qui appauvrit les sols. Des milliers de familles indigènes sont ainsi amenées à migrer vers d’autres régions ou vers les zones urbaines, où les conditions de vie sont généralement très difficiles. Plusieurs leaders indigènes sont à l’heure actuelle menacés ou arrêtés sous de fausses accusations de terrorisme et leur combat s’en trouve criminalisé.
     
    Tendre le micro à des jeunes, des femmes et des chefs de communautés indigènes ; réaliser des portfolios sonores à partir de leur parole recueillie ; et initier les jeunes à des outils de communication sont des moyens de faire entendre leur voix autrement.

    Les expériences recensées dans ces documentaires audio illustrent la multitude des expériences vécues par Marie Laloum. De l’immersion totale au sein de la communauté Mapuche Ruca Choroy à la tension ressentie à Temuco qui s’exprime par cette citation Mapuche : « Notre volonté obstinée à survivre comme peuple, nous enferme dans un rejet, également obstiné, de la société. Pour le gouvernement et les entreprises, notre présence n’est pas souhaitée. Selon eux, nous sommes un obstacle à la modernité et au développement.  »

    La prochaine étape du projet sera le grand rassemblement au Sommet des peuples de Rio+20 fin juin, en parallèle au Sommet de la Terre Rio+20 : les peuples indigènes s’y retrouveront pour défendre leurs points de vue, plaider pour une vraie justice environnementale et répéter que la promotion des droits humains et des droits des peuples autochtones reste essentielle dans les discussions internationales autour de ces enjeux.

    Le projet Amérila nous rappelle d’ailleurs l’importance de la sauvegarde des cultures ancestrales de ces peuples, de leur rôle protecteur de la nature, et de l’importance de défendre leurs droits en tant que peuple originaire.


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  • Lundi 28 mai 2012 à Yaoundé, des ONG, des membres de l'administration ont amorcé une réflexion sur les exigences de développement national, et la nécessité de protéger les droits de propriété des communautés rurales.

    A l'occasion du comice agropastoral d'Ebolowa en 2011, le chef de l'Etat a soulevé le débat sur la loi foncière. Une loi datant de l'époque coloniale et qui devrait être toilettée. Une loi qui ignore à plusieurs égards l'accès à la terre des communautés rurales et autochtones (pygmées, Bororos, etc.). Et pour cause, ces dernières, nomades, n'auraient pas de territoires délimités. Ce qui est pourtant un préalable avant le début de toute procédure d'immatriculation. Nombres d'associations spécialisées dans les questions foncières pensent que cette disposition de la loi sur la limitation du territoire des peuples autochtones pour accéder au foncier est surannée. «Les populations autochtones sont des semi-nomades. Contrairement à ce que l'on pense, leur déplacement ne se passe pas au hasard dans la forêt. Mais il se passe à l'intérieur d'un territoire qu'elles connaissent et qu'elles peuvent parfaitement indiquer dans le cadre d'un processus de la loi foncière», explique M. Samuel Nguiffo de l'ONG «Centre pour l'environnement et le développement» (CED).

    Réunis en atelier à Yaoundé lundi 28 mai 2012, une vingtaine d'associations a proposé des pistes de solutions pour que l'accès au foncier soit aussi permis aux peuples autochtones. Il en découle qu'il faut reconnaître des droits à cette catégorie de personnes. «Nous espérons que les Bantous qui sont leurs voisins vont leur donner une partie de leur espace coutumier. Dans ce cadre-là, l'Etat devra reconnaître la possibilité aux communautés bantous d'utiliser le domaine privé de l'Etat car, les usages des terres par ces communautés sont essentiellement de chasse, de prélèvement. Il ne s'agit pas d'exploitation de bois par exemple. Ces usages peuvent parfaitement être compatibles avec d'autres usages de la terre», argumente M. Nguiffo. Il précise tout de même que la question sera de sécuriser ces usages, de reconnaître les droits formels pour ces populations autochtones.

    Par ailleurs, les défenseurs de l'accès pour tous à la terre pensent aussi que ce droit dans les zones rurales passe par la reconnaissance du village comme une entité administrative, au-dessous de la commune. Et à ce moment-là, cette reconnaissance devrait permettre de circonscrire un territoire au village et de donner la propriété au village. En somme l'idée de l'atelier du CED est de proposer au gouvernement des solutions pour combattre la précarité à laquelle sont exposées les populations rurales en consolidant leurs droits sur la terre et sur les ressources. A cet effet, M. Bahebeck, représentant le ministère des Domaines, du cadastre et des affaires foncières à ces assises a indiqué que deux avis d'appel à manifestation d'intérêt ont été lancés le 18 avril 2012 par son ministre. L'un pour les études en vue de la réforme foncière au Cameroun, l'autre pour la réalisation des expertises foncières sur les terrains destinés à l'agro-industrie et aux logements sociaux.


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  • Associer les Premiers Peuples à l'emploi

    Le dévoilement officiel d'un buste de bronze de l'artiste Ernest Dominique, a marqué l'avènement de la 8e édition du Colloque Premiers Peuples de l'UQAT.

    Cette sculpture, d'une série de sept, a été présentée devant une trentaine d'invités au pavillon des Premiers Peuples, le 29 mai en soirée, dans le cadre de la première journée de deux, du Colloque.

    La représentation d'un ancêtre nomade est une donation de Petronor au campus universitaire de Val-d'Or dans la poursuite d'un objectif favorisant les rapprochements entre les Allochtones et les Autochtones.

    Représentation authentique

    "Il nous rappelle le passé, mais représente aussi le futur", a annoncé le président de l'entreprise, Dr Ted Moses, qui a raconté s'être immobilisé devant une autre production de la série, située à l'Assemblée nationale de Québec, il y a près d'un an et demi.

    Avec son panache de caribou et ses plumes de canard, le buste de l'artiste innu est distinctif aux territoires environnants. "Je voulais donner plus d'authenticité à mon buste en allant trouver des matériaux qu'on retrouve dans la nature du Québec", a relevé M. Dominique, originaire de Schefferville.

    Avoir une pleine main d'œuvre

    Dans un contexte économique en progression et devant une pénurie de main d'œuvre, la 8e édition de l'activité se fait sous le thème "Les Premiers Peuples et l'emploi: formation, coopération et démarchage".

    "Les Autochtones prennent de plus en plus leur place dans l'économie en tant qu'employés et aussi en tant qu'entrepreneurs, a expliqué Vincent Rousson, directeur de l'UQAT, au campus de Val-d'Or. On veut valoriser leurs bons coups et aussi réfléchir au défi de la formation."

    Avec une démographie deux fois supérieure à la moyenne québécoise, ils représentent une main d'œuvre très intéressante à former pour générer une entrée massive sur le marché du travail, aux dires du directeur.

    À guichet fermé

    Cette année, les organisateurs ont innovés en ajoutant un pré-colloque orienté sur le contexte de l'employabilité chez les Inuits et en s'associant à la Commission de développement des ressources humaines des Premières Nations du Québec.

    L'évènement se tient à guichet fermé avec un peu plus de 150 participants. Environ 60 pour cent d'entre eux habitent en Abitibi-Témiscamingue et dans le Nord-du-Québec, 35 pour cent proviennent de l'extérieur de ces régions et 5 pour cent du reste du Canada, selon un estimé de M. Rousson.


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  • Située sur l’archipel des Philippines, l’île de Palawan compte près de 90 000 habitants, dont 20 % appartiennent à trois groupes ethniques principaux : les Tagbanua, les Palawan et les Batak. Depuis 2003, le gouvernement provincial favorise l’expansion des plantations industrielles de palmier à huile, en écho à l’objectif national visant la plantation de 20 000 hectares de palmiers. En accélérant la vente et l’achat de terres, l’industrie du palmier à huile alimente l’invasion des territoires des communautés autochtones, le déboisement et le changement d’affectation des sols. Vivant principalement de l’agriculture, la pêche et la cueillette, les peuples indigènes voient leur sécurité alimentaire remise en cause.

    Implantée dans le sud de Palawan et leader des plantations de palmiers à huile, la joint-venture philippine-singapourienne-malaise PPVOLMI (1) vend toute sa production à son entreprise sœur, l’API (2). A l’avenir, cette dernière devrait transformer plus de 8000 hectares de terres agricoles en plantations de palmier à huile. Pour protéger la province de Palawan, classée « Réserve de l’humanité et de la biosphère » par l’UNESCO en 1990, les peuples autochtones ont créé le réseau ALDAW (Ancestral Land / Domain Watch). Ainsi représentés, ils ont lancé une campagne en ligne ( 3) contre l’extraction minière et l’expansion du palmier à huile.

    1- Palawan Palm & Vegetables Oil Mills Inc.
    2- Agumil Philippines Inc.
    3- La pétition est disponible sur le site petitiononline.com


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  • Plus de 500 personnes originaires des communautés indiennes ikoots et binnizá (huaves et zapotèques) de Juchitán, Playa Vicente, Santa Maria Xadani, Alvaro Obregón, San Dionisio del Mar, San Mateo del Mar, Unión Hidalgo, Pueblo Viejo et Huamuchil ont manifesté ce matin leur rejet total des éoliennes que les entreprises transnationales ont l’intention d’installer dans la zone lagunaire vers laquelle convergent ces peuples pour la pêche (pour la subsistance de leur famille) et où ils conservent leurs lieux sacrés. Des organisations non gouvernementales, des radios communautaires, des paysans, des maîtres d’école et des étudiants ont aussi participé à cette manifestation afin d’exprimer leur opposition à de tels projets dans la mesure où ils ne prennent pas en compte les communautés autochtones, violant des droits internationaux comme celui de la consultation libre et informée des peuples avant la mise en route de tels projets.

    La manifestation eut pour point de réunion l’historique chapelle de la Sainte-Croix des Pêcheurs ou Guuze’ Benda, qui se trouve dans la septième section de Juchitán. C’est de là qu’ils sont partis pour manifester leur refus des éoliennes qui leur sont imposées par les trois instances de gouvernement, fédérale, avec à sa tête Felipe Calderón du PAN, de l’État d’Oaxaca, avec à sa tête Gabino Cué (Convergence, PRD, PT, PAN), et municipale, avec Daniel Giurrión du PRI, toutes les trois complices des entreprises transnationales. Ils déployaient des banderoles exigeant le respect des territoires, de la barre de Santa Teresa, de Santa Cruz et des lagunes supérieure et inférieure, qui sont des espaces communs aux peuples ikoots et binnizá de l’isthme de Tehuantepec.

    Ils ont clairement laissé entendre que si le gouvernement ne les prend pas en compte, continue à violenter leurs droits en tant que peuple indigène et ne rejette pas hors de leur territoire les entreprises de construction d’éoliennes, ils sont déterminés à aller jusqu’aux plus extrêmes conséquences pour défendre leur territoire, leurs terres, leur mer, leurs lagunes et leurs lieux sacrés, qu’ils sont prêts à donner leur vie pour cela. Ils ont exigé que les partis politiques retirent leurs mains du territoire indigène ikoots et binnizá.

    Ils ont dit que cette manifestation montrait seulement que les peuples sont en train de s’unir pour défendre leurs territoires, qui sont la source de leurs vies, la subsistance de leurs familles et qui forment partie de leurs lieux sacrés comme le Punto Tileme, le Cerro Tileme et le Cerro Cristo.

    Ils demandent que soient respectés les territoires ikoots et binnizá ainsi que les formes de vie des peuples originaires, vu qu’avec l’imposition d’éoliennes l’environnement se voit sérieusement affecté, sans compter l’énorme impact social et culturel qu’apportera l’installation de plus de 132 éoliennes, cinq quais d’amarrage, deux sous-stations, des chemins, et toute la modification du sol dans la zone lagunaire.

    Avec cette manifestation débute un processus de défense du territoire indigène zapotèque-ikoots, en tant que partie de la nation indienne.

    Aux cris de « Non au projet éolien de la zone lagunaire ! Non au projet éolien sur la barre Santa Teresa ! Dehors les entreprises transnationales ! Vivent les peuples indigènes ! Vivent les pêcheurs ! Vivent Juchitán, Santa Maria Xadani, Alvaro Obregón, San Dionisio del Mar, Pueblo Viejo, Huamuchil, San Mateo del Mar ! » se termine cette marche historique pour la défense du territoire indigène.

     


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  • Instance permanentes sur les questions autochtones
    Mai 2012

    1. Le pastoralisme des rennes représente un modèle d’exploitation et de gestion durables des écosystèmes terrestres de l’Arctique, reposant sur l’expérience acquise, conservée et développées par des générations qui se sont adaptées aux systèmes climatique, économique et politique du Nord.

    Les rennes ont une importance économique et culturelle considérable pour les populations autochtones du Nord. Les systèmes écologiques et humains du Nord comme le pastoralisme des rennes sont, peut-être plus que dans toute autre région du monde, sensibles au changement en partie à cause de la variabilité du climat arctique et des modes de vie particuliers des populations autochtones de la région arctique.

    Plus de 20 peuples autochtones élèvent aujourd’hui des rennes.

    Cet élevage se pratique en Alaska, au Canada, en Chine, en Fédération de Russie, en Finlande, au Groenland, en Mongolie, en Norvège et en Suède.

    Il réunit 100 000 éleveurs et 2,5 millions de rennes semidomestiqués.

    2. Grâce à leur expérience, à leurs connaissances traditionnelles et à leurs compétences, les éleveurs de rennes du monde entier ont mis au point des stratégies uniques pour protéger les pâturages, observer les changements et rationaliser l’utilisation des ressources naturelles. Les éleveurs de rennes devraient avoir le droit de déterminer leur propre avenir en fonction de leur propre conception de la vie et du monde. Ils devraient aussi être consultés, inclus et acceptés en tant que partenaires lorsque leurs territoires font l’objet d’un développement, de recherches et d’un suivi. Pour beaucoup de peuples autochtones, le renne représente un patrimoine culturel, économique, social et spirituel. Le lien étroit qui unit les hommes et les animaux s’incarne parfaitement dans cette relation, dans la mesure où l’élevage des rennes est extrêmement ancien et reste pratiqué de la même façon partout dans le monde.


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  • Le gouvernement brésilien lutte «avec détermination» contre les bûcherons clandestins dans les territoires indigènes d'Amazonie.

    Le Brésil combat le trafic de bois pour protéger les Indiens Awa

    Le Brésil combat «avec détermination» le trafic de bois dans les territoires indigènes d'Amazonie en raison de la menace que cela représente pour la survie de peuples comme les Awa considérés comme étant en voie de disparition par l'organisation Survival International.

    «C'est une tâche qui doit être accomplie avec la plus grande détermination par l'Etat brésilien et nous, nous travaillons avec beaucoup de force et de détermination», a déclaré lundi à la presse étrangère la ministre des droits de l'homme, Maria do Rosario.

    Les exploitants forestiers et les colons font partie du groupe d'envahisseurs de la réserve Awa, Indiens qui sont «victimes d'un génocide et sont en voie de disparition», selon Survival.

    Une étude de l'Institut brésilien du développement agraire (Incra, public) remise récemment à Survival a montré que pour chaque Awa dans la forêt, il existe 10 envahisseurs clandestins : des bûcherons, des éleveurs et des colons.

    Selon cette organisation de défense des Indiens, les Awa contactés représentent une population d'environ 360 chasseurs-cueilleurs nomades et l'on estime qu'une centaine d'autres vivent encore dans l'isolement.

    La Fondation nationale de l'Indien (Funai, organe de tutelle des Indiens) effectue «des opérations de surveillance dans les terres indigènes qui sont des terres traditionnellement occupées par les Awa.

    Il y a des opérations communes avec la police pour défendre les droits de ces peuples», a assuré la ministre des droits de l'homme.

    Le 25 avril, Survival a entamé une campagne avec l'acteur britannique Colin Firth pour sauver les «Awa, la tribu la plus menacée de la Terre».

    Les peuples «isolés» - qui n'ont pas de contact pacifique avec les non-Indiens - sont sans aucun doute les plus vulnérables de la planète. Ils vivent constamment sous la menace de rencontres hostiles ou de maladies introduites par les étrangers et contre lesquelles ils n'ont aucune immunité.

    Selon la Funai, le Brésil abrite 77 tribus indiennes isolées, disséminées en Amazonie.

    La population indigène représente moins de 1% des 191 millions d'habitants du Brésil, et occupe 12% du territoire, principalement en Amazonie.

     


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  •   Bas-Congo : des concessions inexploitées et des paysans sans terre

    Published: 20 Apr 2012   Posted in: DRC
       
     
    Syfia | 20-04-2012 

    Au Bas-Congo, au sud-ouest de Kinshasa, les chefs coutumiers et les ayants droits vendent de vastes superficies de terres cultivables qui restent le plus souvent inexploitées. Manquant de champs les paysans voisins n'arrivent plus à nourrir leur famille et sont contraints d'aller s'installer en ville.

    A Nsanda à 30 km de Matadi, au sud-ouest de Kinshasa, des paysans meurent de faim à côté de vastes étendues de terres arables non exploitées. "Il nous est interdit d’y accéder et d’y cultiver car, se lamente José Batueni, un habitant, elles ont toutes été achetées par des gens de Matadi". Dans la région, beaucoup de terres de villageois sont acquises souvent pour presque rien auprès des chefs coutumiers et des ayants droits par des concessionnaires venus de Matadi, voire de Kinshasa. Certains ont acheté plus de 100 ha. Ils promettent de les mettre en valeur mais trop peu le réalisent. D.N possède, lui, a 1 ha de terre à Nsanda. Il l’a achetée il y a trois ans à 100 $, mais n’a jamais rien planté dessus. "C’est un endroit proche de la route nationale. Demain, il prendra de la valeur et je pourrai le revendre plus cher sinon, je le transformerai en parc d’attraction", promet-t-il. Entre temps, les paysans qui vivent autour de ces terrains doivent aller chercher ailleurs des lopins de terre à cultiver.

    Dans plusieurs contrées, les terres cultivables viennent à manquer. A Kimpese, à 145 km de Matadi, certaines familles sont contraintes d’effectuer chaque jour plus de 10 km à pied pour aller planter. D’autres s’installent carrément dans des campements en forêt pour réduire la distance. "En dehors de l’agriculture, je n’ai pas un autre travail pour nourrir ma famille. Je n’ai pas de choix face à ce manque de terres", explique Thérèse Mamana, une veuve qui vit dans un baraquement loin de ses enfants. Ce dimanche d’avril, elle a regagné Kimpese pour écouler ses produits de champ et visiter sa maisonnée.

    Réformer le code foncier

    A Tshela à 245 km de Matadi, les habitants souffrent de malnutrition. Ils peinent à cultiver. Les terres qu'ils cultivaient ont été vendues (26 000 ha) par les ayants droits à une société agricole qui exploite le palmier à huile.

    Interpellés, ceux-ci et les chefs coutumiers ne manquent pas d’explication. "Ce sont des espaces qui sont restés longtemps inexploités voilà pourquoi, nous les avons vendus dans l’espoir que les acquéreurs les mettront en valeur", se justifie l’un d’eux.

    A cause de ces agissements, certains chefs coutumiers ont perdu leur pouvoir. Leurs villages ont été rattachés aux villes et cités et se sont retrouvés gérés par l’administration publique. C’est le cas du village Soyo à Matadi qui a éclaté en quartiers Soyo I, II et III. A Boma, deuxième ville du Bas-Congo, le village Kikuku est désormais un quartier de la commune urbaine de Nzadi. Il en est de même du quartier Kikonda à Muanda. "Vous n’êtes que des gardiens et non des vendeurs des terres. Vous portez des toques mais en réalité vous avez perdu votre pouvoir à cause de votre manie de vendre les terres", s’en est pris au chef coutumier de Soyo, Modero Nsimba, ministre provincial des Affaires foncières.

    Fin février, les intervenants dans les secteurs fonciers ont identifié lors d’un atelier qui les a réunis à Matadi plus de 20 conflits de terre et ont fait des propositions pour les résoudre. Notamment, l’arrangement à l’amiable entre les paysans qui manquent cruellement de terres et les concessionnaires qui en ont acquis de vastes étendues sans jamais les exploiter. Pour Modero Nsimba "il faut réformer le code foncier".

    Alphonse Nekwa Makwala    Source: Syfia

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  • Colin Firth en campagne pour sauver ‘la tribu la plus menacée de la Terre’ 25 Avril

    Colin Firth en campagne pour sauver les Awá de l'extinction.
                       Colin Firth en campagne pour sauver les Awá de l'extinction.
    © Surviv

    L’acteur Colin Firth, Oscar du meilleur acteur pour Le Discours d’un roi en 2011, a lancé aujourd’hui une campagne majeure de Survival international pour sauver ‘la tribu la plus menacée de la Terre’ – les Indiens awá d’Amazonie brésilienne.

    La pièce maîtresse de cette campagne est un court métrage, dans lequel Colin Firth lance un appel au public sur une musique du compositeur brésilien Heitor Pereira.

    Les Awá sont une petite tribu amazonienne dont le territoire a été envahi par une multitude de bûcherons clandestins, des éleveurs et des colons. Les graphiques consultables sur notre site montrent le niveau alarmant de déforestation du territoire des Indiens – beaucoup plus élevé que celui de toute autre tribu amazonienne.

    Des colons clandestins se sont établis à une demi heure de marche de la communauté de Petit papillon
    Des colons clandestins se sont établis à une demi heure de marche de la communauté de Petit papillon
    © S

    La situation est devenue si critique que plusieurs experts brésiliens ont parlé de ‘génocide’ et ’d’extinction’.

    Il y a environ 360 Awá contactés. Nombre d’entre eux sont les survivants de violents massacres. On estime que 20 à 25% de plus vivent en isolement dans la forêt, fuyant constamment devant la rapide avancée de la déforestation.

    La campagne vise à persuader le ministre brésilien de la Justice d’envoyer la police fédérale expulser définitivement les bûcherons, les éleveurs et les colons.

    Dans son appel, Colin Firth explique : ‘La forêt des Awá est illégalement abattue pour ses essences précieuses. Lorsque les bûcherons les surprennent, ils les tuent. Leurs arcs et leurs flèches ne font pas le poids face aux fusils des Blancs. A une autre époque, tout aurait été terminé pour eux. Un autre peuple aurait été rayé de la surface de la Terre. Mais nous allons faire en sorte que cela ne se produise pas…’

    Le film de Survival contient des séquences uniques sur les Awá qui acceptent rarement la visite d’étrangers dans leurs communautés, dont des scènes montrant l’étroite relation qu’ils nouent avec leurs animaux de compagnie ou une cérémonie rituelle au clair de lune au cours de laquelle ils parlent aux esprits de leurs ancêtres. Il dresse également le constat affligeant de la destruction dévastatrice provoquée par les bûcherons et les éleveurs qui ont abattu et incendié d’immenses zones forestières.

    Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré aujourd’hui : ‘Les Awá sont menacés par des bûcherons armés, mais ils le sont aussi par notre propre indifférence. Si suffisamment de personnes, au Brésil et partout dans le monde, se mobilisent pour manifester leur préoccupation, les Awá pourront enfin vivre en paix sur leur propre territoire, à l’abri de toute invasion et de toute menace. Cela a été prouvé maintes et maintes fois’.

    Note aux rédactions :

    1. D’autres films uniques et exclusifs sont disponibles sur le site de la campagne: www.survivalfrance.org/awa

    2. Des photos exclusives et des vidéos complémentaires sont disponibles.

    3. Fiona Watson, directrice de recherche à Survival, l’un des plus grands experts mondiaux sur les Indiens isolés, est disponible pour interview.

    4. ‘Isolés’ ou ‘non contactés’ signifie que ces Indiens n’ont aucun contact pacifique avec le monde extérieur. Pour plus d’informations sur les tribus isolées, allez sur le site de Survival.


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  • Paroles d'un ancien enaweneParoles d'un ancien enawene

     

     

     

     




    Les Enawene Nawe n’ont pas été consultés sur la construction des barrages hydroélectriques – tel que le barrage Telegraphica ci dessus – ni sur la déforestation de leur territoire par les éleveurs de bétail.

    L’ironie veut qu’alors même que le rituel Yãkwa vient d’être reconnu comme patrmoine culturel brésilien, il soit amené à disparaître, a déclaré Stephen Corry, directeur de Survival International.

    Nous ne savions pas que les hommes blancs allaient nous déposséder de notre territoire. Nous n’étions pas au courant des projets de déforestation.

    Nous ignorions les lois de l’homme blanc

    Les Enawene Nawe mènent campagne pour la reconnaissance de la région du rio Petro en tant que territoire indigène, ainsi que pour l’expulsion des éleveurs.

    Le rio Petro est vital pour notre survie. Pourquoi les éleveurs de bétail prétendent-ils qu’il leur appartient ?

    Connaissent-t-ils tous les noms du rio Preto? Non. Voilà les véritables noms de la rivière : Adowina, Hokosewina et Kayawinalo.

    Et nous, les Enawene Nawe, en sommes les véritables propriétaires

    Mon savoir est ancien. Je connais toutes ces choses depuis très longtemps.

    Il y a très longtemps que je connais la rivière Adowina.

    Il y a très longtemps que je suis venu au monde.

    Kawari, un aîné Enawene Nawe.

    © Fiona Watson/Survival International


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  • Les Enawene Nawe

     

    Entre les prairies arides de la savane du Cerrado et les forêts tropicales de l’ouest du Brésil s’étend la vallée de la rivière Juruena, terre natale des Enawene Nawe.

    Le gouvernement de l’Etat du Mato Grosso a entrepris la construction d’une série de barrages hydroélectriques en amont de leur territoire.

    Ces barrages menacent leurs forêts, le poisson dont ils se nourrissent et leur rituel sacré, le Yãkwa. 

    Yãkwa, le plus long rite indigène d’Amazonie a commencé. Le mois dernier, les Enawene Nawe sont partis en forêt pour construire des barrages de pêche sur les rivières.

    En 2009 et en 2010, le stock de poisson était cependant trop réduit pour exécuter ce rite. Qu’adviendra-t-il en 2012 ? 

    Aux premières lueurs de l’aube, les hommes enawene nawe se rassemblent devant haiti : la maison des flutes sacrées.

    Ils reviennent de leurs campements dans la forêt vierge pour célébrer le plus important rituel de pêche de l’année : le banquet du Yãkwa

    Les Enawene Nawe sont l’une des rares tribus au monde qui ne consomment pas de viande rouge.

    Ce sont des pêcheurs aguerris. Pendant la saison sèche, ils attrapent le poisson à l’aide d’un poison appelé timbó, provenant du jus de lianes grimpantes.

    Des fagots de lianes sont plongés dans l’eau, ce qui libère le poison et asphyxie les poissons qui remontentalors à la surface. (D'après Survival )


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  •   Cameroun: Les Américains s'accaparent de 73000 hectares de terre pour produire des palmiers à huile

    Posted in: Cameroon | Herakles Farms | US
       
    Le bail de la société américaine est un coup dur pour les riverains qui ne pourront plus cultiver librement ces terres pendant les 99 prochaines années.
    Koaci.com | 28/03/2012   Par mh

    CAMEROUN - YAOUNDE LE 28 MARS 2012 © koaci.com - Dans le Sud-ouest du Cameroun, le groupe agro-industriel américain Herakles Farms détient désormais plus de 74’000 hectares, avec un bail de 99 ans. A travers leur filiale la SG Sustainable Oils Cameroon (Sgsoc), les dirigeants de la firme new-yorkaise comptent produire, 400’000 tonnes d’huile de palme brute et 40’000 tonnes d’huile de palmiste par an. Pour Delilah R. Rothenberg, directrice du projet, il s’agit surtout de «réduire la dépendance du Cameroun aux pays d’importations» en produisant localement cette huile. Une intention louable, mais qui cacherait de graves implications selon le Centre pour l'Environnement et le Développement (CED), une ONG camerounaise.

    Risque de déplacement forcé

    Dans son rapport publié en février dernier, le CED dénonce un «accaparement des terres et des ressources» par la firme américaine. L’ONG s’inquiète avant tout de l’exode des populations. « Les activités de la Sgsoc vont créer certes 7’500 emplois, mais la concession foncière va obliger plus de 25’000 villageois à se déplacer» prévient Brendan Scharwrtz, co-auteur du rapport. Une menace que réfute Rotheberg, précisant que «seules les 1'000 plantations cartographiées pour le projet seront exploitées », et que des « zones tampons seront créées afin que les nos activités ne chevauchent avec les zones habités.». Quoiqu’il en soit, le bail de la société américaine est un coup dur pour les riverains qui ne pourront plus cultiver librement ces terres pendant les 99 prochaines années. En outre, le CED dénonce les nombreux avantages accordés à la société américaine. Le contrat de la Sgsoc stipule qu’elle versera « un loyer annuel pour la location de la terre au gouvernement de 1 dollar américain par hectare pour les terres de l’Etat mises en valeur et 0,5 dollar par hectare pour les terres non mises en valeur ». Ces taux augmenteront de 2% par an. Un véritable scandale. Autre avantage, c’est que, selon Samuel Nguiffo, l’autre co-auteur du rapport, l’entreprise bénéficiera d’une exonération d’impôts sur une période de 10 ans, à compter du moment où la production atteindra 10 tonnes à l’hectare sur au moins 3'000 hectares.

    Ressources rationnées

    Autre problème pointé par le rapport du CED: en acquérant ces terres, la firme américaine accapare aussi l’essentiel des ressources du sol et du sous-sol. «Le contrat de la Sgsoc lui accorde le droit d’utiliser, gratuitement, des quantités illimités d’eau dans sa concession foncière. L’entreprise jouit également d’un droit exclusif sur les autres ressources dans sa concession foncière comme le bois, l’argile et le gravier». Ces avantages excessifs n’ont pas manqué de suscité un profond mécontentement dans la région.

    En 2011, des jeunes de la localité sont descendus dans les rues pour bloquer les bulldozers en guise de protestation. Une ONG locale, le Struggle to Economise Future Environnement (SEFE), a déposé un recours auprès de la justice, pour obtenir un moratoire sur la plantation de la Sgsoc. Le SEFE a obtenu de la justice l’arrêt des activités d’Herakles. Le tribunal de Mundemba a décidé, le 31 août 2011, d’un arrêt du projet avec astreinte de 500 000 francs CFA par jour en cas de violation. Seulement, le jugement n’a pas été respecté et le juge a même été dessaisi du dossier. Mais pour Rothenberg, là encore il n’y a pas matière à polémiquer: « Cette affaire judiciaire a été résolue. Il convient de noter que l'engagement des parties prenantes est important pour nous, et c’est pourquoi nous avons formé une équipe de développement communautaire local pour mieux faire comprendre l’intérêt du projet et maintenir le dialogue avec les populations».

    Environnement

    Le CED s’inquiète aussi des conséquences écologiques du projet. «Cet espace abrite des douzaines d’espèces animales et végétales en voie d’extinction. Le projet va interrompre la protection et la croissance de la faune sauvage» s’alarme Brendan Schwartz. Il craint aussi l’utilisation de produits chimiques toxiques pour l’homme et pour l’environnement. Certes Herakles Farms s’est engagé à préserver les forêts à haute valeur pour la conservation, en limitant l’utilisation des polluants et le gaspillage des ressources naturelles. La firme indique même que depuis le début de ses activités, le braconnage a baissé parce qu’elle a recruté des villageois chasseurs. Mais malgré toutes ces bonnes intentions affichées, le problème de l’accaparement des terres camerounaises –facilité par le gouvernement Biya- par des firmes étrangères n’en n’est qu’à ses débuts, et sera assurément source de nombreuses difficultés futures pour les populations locales. Dans l’Est du pays, un paysan de 58 ans vient d’être condamné à 2 ans de prison pour avoir refusé de céder ses terres aux Chinois.

    Mh,KOACI.COM YAOUNDE; copyright © koaci.com
    Source: Koaci.com (publié par farmlandgrab.org )
     
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    Si comme le dit si bien "R. Rothenberg, directrice du projet, il s’agit surtout de «réduire la dépendance du Cameroun aux pays d’importation» en produisant localement cette huile." Au lieu de s'accaparer des 73000 hectares de terre,que ce groupe agro-industriel américain verse de l'argent aux paysans pour qu'ils cultivent eux-mêmes ces palmiers à huile. Ils seront à même, par eux-mêmes de faire face et à réduire "l'indépendance du Cameroun aux pays d'importation". Mais nous savons bien que cette soit disant pensée philanthropique de cette société américaine agro-industrielle cache un gros serpent à sonnette prêt à mordre. Pour que cela ne puisse se produire la solution de la prise et la culture des 73000 hectares par les paysans et paysannes camerounais(es) eux-mêmes sous forme de collectivités paysannes autogérées et fédérées pour produire l'alimentation nécessaire aux camerounais(es), pour avoir leur indépendance de souveraineté-sécurité alimentaire et non pas ces palmiers à huile qui est une vrai fumisterie Lorsque la propriété capitaliste exploiteuse des êtres humains sera complètement abolie et remplacée par des collectivités non étatiques mais autogérées par les travailleurs et paysans eux-mêmes que cette nouvelle forme de colonialisme pourra s'arrêter.
    Le Croquant

    Posted on 05 Apr 2012
     

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  • Les Amérindiens d'Amazonie refusent de disparaître dans l'indifférence. Le réalisateur suisse Daniel Schweizer tente depuis des années de faire entendre leur voix, qu'ils soient de la Guyane française ou du Brésil.

    Les Amérindiens d'Amazonie sont-ils menacés de disparition ?
    Oui, la plupart des communautés amérindiennes du plateau des Guyanes jusqu'au Pérou sont en grand danger. Avec la suprématie actuelle des milieux économiques fondée sur le dogme de la croissance, on assiste à l'ultime phase de la Conquista initiée en 1492. Les Amérindiens sont victimes d'une véritable guerre économique car les sous-sols des terres où ils vivent recèlent des richesses convoitées par les multinationales et les Etats. C'est le retour de la ruée vers l'or ! Prenez par exemple le cas du niobium [métal qui fait partie des terres rares]. Il sert, entre autres, à fabriquer des conducteurs pour les centrales nucléaires. Le Brésil en est le principal producteur et cherche à tout prix à exploiter ce minerai en particulier dans la région du Xingu [dans l'Etat du Pará]. Le contexte actuel de crise économique n'arrange rien : dans l'indifférence générale, les décideurs, décomplexés, lancent des grands projets sans tenir compte des conséquences pour les peuples autochtones et l'environnement. C'était inimaginable il y a vingt ans.

    Au Brésil, justement, les travaux de construction du barrage gigantesque de Belo Monte sur le fleuve Xingu ont commencé malgré les vives oppositions des Amérindiens et des écologistes.
    En réalité, il s'agit de cinq barrages et aucun rapport sur leur impact environnemental n'a été rendu public. Les ressources hydrauliques de Belo Monte ne bénéficieront pas aux populations locales mais serviront à alimenter en grande partie les usines de transformation de l'aluminium de la région. Il faut dire que le discours de Dilma Rousseff [élue présidente en 2010] est très clair : "Le Brésil doit consommer et produire." Actuellement, le Sénat discute un projet de loi sur l'exploitation minière qui permettrait de se lancer à l'assaut des terres des Amérindiens au mépris de leurs droits et des textes nationaux et internationaux qui les consacrent. Les peuples d'Amazonie sont totalement désemparés. Les Kayapos [au nombre d'environ 7 000 dont le célèbre Raoni, auquel le cinéaste franco-belge Jean-Pierre Dutilleux a consacré un documentaire] n'ont jamais été consultés sur le projet Belo Monte malgré la convention 169 de l'OIT [ce texte de l'Organisation international du travail est à ce jour le seul instrument contraignant de protection des droits des peuples autochtones] et la législation brésilienne elle-même. Le gouvernement brésilien refuse de dialoguer avec eux ainsi qu'avec les ONG. Les Amérindiens sont menacés à la fois parce qu'ils défendent leur mode de vie traditionnel et leur droit à la terre. C'est une véritable logique économique et politique qui est à l'œuvre et dont l'assouplissement du code forestier [en attente de l'accord de Dilma Rousseff] est un exemple frappant.  

    La condamnation unanime des Amérindiens, des communautés riveraines, de la Commission interaméricaine des droits de l'homme ou bien encore l'appel lancé à la communauté internationale par Raoni (raoni.fr) ne peuvent-ils pas faire reculer le gouvernement brésilien ?
    C'est malheureusement trop tard, le dernier recours devant la justice a échoué fin 2011. Mais la responsabilité de la communauté internationale est engagée. Le projet va coûter des dizaines de milliards de dollars, quelles banques vont le financer ? Les Européens à travers leurs entreprises, à l'image d'Alstom, et leurs banques participeront à ce désastre. Comme pour l'Afrique, les ressources naturelles brésiliennes sont un grand gâteau et on se pousse au portillon pour les exploiter à n'importe quel prix. C'est la course au productivisme. Le Brésil veut réaliser un grand bond en avant pour rattraper les grandes puissances, oubliant au passage deux principes fondamentaux : le respect des populations autochtones et la préservation de l'environnement. Comment peut-on accepter de transformer ainsi une région aussi rapidement sans penser au moyen et long terme ? L'arrivée de centaines de milliers d'immigrés [économiques, en provenance pour la plupart d'autres Etats brésiliens] va précipiter l'acculturation du mode de vie des peuples autochtones et leur disparition. Comment croyez-vous que les quelque 2 000 Jurunas vont résister ? Malheureusement, pour la majorité de la population le territoire brésilien est tellement vaste qu'elle n'a pas conscience des conséquences dramatiques pour son pays et pour la planète. Mais, comme disent les Amérindiens : "La terre ne nous appartient pas, ce sont nos petits-enfants qui nous la prêtent."

    Dans votre précédent documentaire, vous alertiez sur la situation dramatique des Amérindiens de la Guyane française, victimes d'une véritable catastrophe sanitaire et écologique due à l'orpaillage clandestin et à la pression des grandes compagnies aurifères. Trois ans après, les choses ont-elles changé ?
    Non, rien n'a changé. Les intérêts économiques sont trop importants. Il y a bien évidemment la dizaine de milliers d'orpailleurs clandestins qui opèrent, mais qui achètent leur or ? Des comptoirs situés à Maripasoula, une ville française. D'ailleurs, la Guyane française exporte le triple de l'or qu'elle exploite officiellement et ne se soucie donc guère de sa provenance. Aucune enquête n'est menée par la douane française sur la filière de l'or. Et, sur le plan international, il n'existe aucune volonté de créer une traçabilité en la matière. Le métal précieux est acheminé dans d'autres pays dont la Suisse pour être transformé. Je mets au défi les banques et les joailliers de définir sa provenance ! Pourtant, un label de traçabilité existe pour les diamants ou le bois exotique. En Guyane, la forêt primaire est mise à sac, les rivières et les criques sont polluées par des tonnes de mercure et de boue. L'empoisonnement au mercure entraîne de graves malformations des fœtus. Dans les villages amérindiens, certains enfants naissent avec des membres en moins, d'autres totalement paralysés. Au mépris des lois et du bon sens, on assiste à la destruction de la forêt équatoriale et à l'ethnocide d'un peuple sans que personne ne semble s'en émouvoir. Nicolas Sarkozy se promène en pirogue et la Croix-Rouge française affiche son mépris en demandant aux Amérindiens de ne plus manger de poisson ! Le droit à l'alimentation est pourtant un droit humain. J'ai parlé à des militaires qui sont dépités. De temps en temps, ils démantèlent un site d'orpaillage mais quelques jours après les orpailleurs reviennent. Il y a un manque criant de moyens.

    Les Amérindiens sont-ils porteurs d'un message à l'heure où le système économique est à bout de souffle ?
    Les Amérindiens sont les premiers écologistes. De tout temps, ils ont vécu en harmonie avec la nature. Ils chassent et exploitent les ressources naturelles pour se nourrir et non pour accumuler des biens. Ils ne comprennent pas l'attitude de l'homme blanc. Deux visions du monde s'affrontent : d'un côté, des peuples qui savent que la terre n'est pas infinie, de l'autre des envahisseurs qui ne raisonnent qu'à court terme. Nous aurions beaucoup à apprendre à leur contact, hélas personne ne les écoute. Les Amérindiens d'Amazonie ont pointé les problèmes et mis en garde sur les conséquences du comportement de l'homme blanc. Dans leur cosmogonie, le ciel est déjà tombé une fois sur la Terre, si rien n'est fait il risque de tomber à nouveau.


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  • Différentes organisations indigènes du Chili ont réclamé le 22 février l’officialisation de la langue mapuche ainsi que la reconnaissance de son usage dans l’administration publique, dans le milieu éducatif, mais aussi dans les médias.
    Une demande écrite en bonne et due forme a été adressée au président de la république chilien, Sebastián Piñera, par les autorités de la région d’Araucanie située à environ 800 km au sud de la capitale, Santiago, et plus précisément par la municipalité de Temuco, capitale du territoire araucan et territoire ancestral de la communauté mapuche.

     

    Le président Piñera

     

    Cette réclamation fait partie d’un ensemble d’initiatives menées à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la langue maternelle commémorée la veille. La Journée internationale de la langue maternelle a été proclamée par l’UNESCO en novembre 1999, elle est célébrée tous les 21 février depuis l’année 2000 par les états membres et au siège de l’UNESCO afin de promouvoir la diversité linguistique et culturelle ainsi que le multilinguisme.

     

    À ce sujet, le journal El Cuidadano a mentionné que des centaines de personnes avaient défilé dans les rues de Temuco pour réclamer des mesures politiques favorables à la revitalisation du Mapuzugun, la langue des natifs mapuches. Les manifestants ont demandé par ailleurs à ce que soient modifiés les noms des places et avenues qui offensent la mémoire historique des peuples autochtones. Actuellement, il existe au Chili neuf langues, parmi lesquels huit idiomes indigènes, cependant seule la langue castillane est considérée comme langue officielle sur le territoire chilien. Des experts dans ce domaine regrettent qu’il en soit ainsi et ont alerté les autorités nationales sur le risque de disparition pure et simple qui menace certaines langues comme le Mapuzugun, un idiome qui est considéré par certaines élites dirigeantes comme « barbare » et « arriériste ». Aujourd’hui on favorise dans les plus hautes sphères une politique publique unilingue qui passe par le monopole de l’espagnol.

     

    Le Chili a développé une politique linguistique préjudiciable vis-à-vis des langues natives, certains n’hésitant pas à parler d’un véritable « génocide linguistique ». Il est cependant à noter que le Chili est signataire de la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle, laquelle promeut les droits linguistiques des minorités tout en incitant l’État à oeuvrer favorablement en ce sens. Les peuples autochtones, par la voix du Réseau pour les droits éducatifs et linguistiques des peuples indigènes du Chili (Red EIB), ont émis trois revendications majeures, tout d’abord les natifs demandent au Conseil national d’éducation d’inclure la connaissance des peuples indigènes et de leurs droits dans le cadre des cours d’histoire, de sciences sociales et de géographie, deuxièmement ils réclament la création d’un Institut national des langues indigènes, enfin ils souhaitent obtenir la mise en place d’un système d’enseignement interculturel public et bilingue pour toutes les communautés autochtones. Selon la Red EIB, sur les huit langues présentes au Chili seul quatre d’entre elles sont encore usitées ( le Quechua, l’Aymara, le Rapa Nui et le Mapudungun). Seul un tiers de la population adulte indigène est capable de s’exprimer dans sa langue natale au quotidien.

     

    Par ailleurs, l’organisation souligne que la langue Kawescar connaît un véritable processus de reconstruction linguistique sans locuteurs indigènes, le Selknam n’est déjà plus parlé au Chili, quant à la langue Likan Antay non seulement elle n’est plus parlée, mais en plus la grammaire a disparu, ce qui ne permet plus de faire renaître cet idiome.

     

    En excluant les natifs du contenu des programmes universitaires, les autorités violent la Convention 169 relative aux peuples autochtones, qui établit « un cadre légal pour la protection des peuples indigènes et tribaux dans les pays indépendants et définit des règles particulières applicables aux groupes ethniques dans divers domaines, tels que la procédure du travail, l’éducation, la santé et le secteur judiciaire », entre autres.

     

    Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones :

     

    Rapport de l'Unicef

     

    Article 13:
    1. Les peuples autochtones ont le droit de revivifier, d’utiliser, de développer et de transmettre aux générations futures leur histoire, leur langue, leurs traditions orales, leur philosophie, leur système d’écriture et leur littérature, ainsi que de choisir et de conserver leurs propres noms pour les communautés, les lieux et les personnes.
    2. Les États prennent des mesures efficaces pour protéger ce droit et faire en sorte que les peuples autochtones puissent comprendre et être compris dans les procédures politiques, juridiques et administratives, en fournissant, si nécessaire, des services d’interprétation ou d’autres moyens appropriés.

     

    Selon un récent rapport de l’Unicef, les enfants et adolescents indigènes (85,5 % de la population indigène infantile appartient à la communauté mapuche, 8,2 % au peuple aymara, et le pourcentage restant est réparti parmi les six autres communautés) sont les plus pauvres et ne connaissent pas pour la plupart la langue de leur communauté, ils vivent majoritairement en zone rurale et ont très peu de chances d’accéder à l’université, de plus la plupart du temps c’est la mère de famille qui assure les besoins du foyer. Ce sont les grandes lignes qui se dégagent du rapport intitulé “Incluir, sumar y escuchar: Infancia y adolescencia indígena” (http://www.unicef.org/lac/Incluir_Sumar_y_Escuchar_WEB.pdf), réalisé par l’Unicef et le ministère du Développement social du Chili.

     

    La population indigène infantile perd l’usage de sa propre langue native, 89,4 % des mineurs de moins de 18 ans déclarent ne pas parler ni même comprendre l’idiome de leur communauté (seulement 3,7 % de la population indigène infantile est capable de parler et de comprendre la langue de ses aïeuls). D’autre part, la pauvreté parmi les enfants et adolescents indigènes atteint 26,6 %, ce taux étant de 21,7 % parmi les mineurs non indigènes.

     

    Cette étude permet de constater que la population infantile indigène perd l’usage de la langue de ses ancêtres, triste réalité…

     

    Selon le centre des politiques publiques, cette situation s’explique en grande partie par l’absence de droits en matière linguistique, et en l’absence d’une politique éducative interculturelle bilingue sur le territoire chilien. Le ministère de l’Éducation consacre à peine 1 % de son budget à l’EIB !
    D’un point de vue éducatif, l’accès aux établissements scolaires a augmenté de façon significative parmi la population indigène comme la non-indigène. Au niveau de l’école primaire, la couverture est la même entre les deux groupes cependant on note des brèches entre zones rurales et urbaines.

     

    Les revendications linguistiques menées par les indigènes chiliens et plus particulièrement la communauté mapuche surviennent alors que les organisations indigènes du Chili ont réclamé le 24 février la démission du vice-ministre de la Pêche, Pablo Galilea, pour avoir proféré des propos injurieux et racistes à l’encontre d’un leader mapuche. Le ministre a reconnu avoir insulté le lonko (leader naturel), Eric Vargas Quinchaman, après que ce dernier l’ait interpellé sur le fait que sa communauté n’avait pas été invitée à une feria (sur les produits de la mer) organisée dans la ville de Puerto Montt, capitale de la région de Los Lagos.

     

    Les tensions entre l’État chilien et le peuple mapuche ne font que s’accroître, essentiellement au sujet de la restitution de leurs territoires ancestraux, le représentant mapuche Fidel Tranamil avait dénoncé ouvertement l’État chilien en l’accusant de « commettre un génocide dissimulé envers le peuple mapuche », une déclaration effectuée dans un rapport en octobre 2011 remis à la Commission de soutien au peuple mapuche afin d’attirer l’attention de l’ONU et du Parlement européen sur les abus commis par les autorités chiliennes envers le peuple indigène.

     

    Les Mapuches dénoncent la pression exercée par l’État chilien contre les terres de leur communauté, ils se réfèrent à ce titre aux multiples expropriations dont ils sont victimes et qui permettent la plantation d’eucalyptus et de pins dont le bois et la cellulose constituent des mannes financières, privant les Mapuches, entre autres, d’accès à l’eau.


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  • Une organisation brésilienne, le Conseil indigène du Roraima (CIR) a reçu du gouvernement espagnol le prix Bartolomé de las Casas pour l’action qu’elle mène depuis 40 ans en faveur des Indiens du Roraima, au nord du Brésil, particulièrement dans les domaines de la santé et de l’éducation.

    Ce prix de 50 000 euros est attribué annuellement à des organisations ou des individus qui se sont distingués par leur action en faveur de la compréhension et de l’entente avec les peuples indigènes, de la protection de leurs droits et du respect de leurs valeurs.

    Un porte-parole du CIR a déclaré : ‘Notre organisation et les Indiens du Roraima sont très honorés de cette importante reconnaissance par le gouvernement espagnol et de nombreuses autres personnes et institutions. Cette récompense nous encourage à continuer à lutter avec encore plus d’efforts pour les droits de nos peuples dans le Roraima, au Brésil et à travers le monde’.

    L’une des grandes victoires du CIR a été sa campagne pour la démarcation du territoire de Raposa-Serra do Sol, qui abrite environ 20 000 Indiens de plusieurs groupes différents.

    Le CIR continue de renforcer sa lutte pour les droits indigènes, en se concentrant en particulier sur le projet de construction d’un barrage dans le territoire de Raposa-Serra do Sol, et sur l’orpaillage illégal en territoire yanomami.

    Son travail est crucial dans la lutte contre les intérêts politiques et économiques ainsi que le racisme auquel est confrontée la population indigène du Roraima.

    Parmi les lauréats précédents figure l’organisation indigène péruvienne FENAMAD. Davi Kopenawa, chamane et porte-parole yanomami, qui lutte pour la protection du territoire yanomami contre l’invasion des orpailleurs, avait reçu une mention honorifique en 2009.


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  • STOP aux pratiques d'achat abusives des supermarchés !

     Bonjour, 

    Je viens de signer la pétition "STOP aux pratiques d'achat abusives des supermarchés ! Dignité au travail dans les plantations" sur le site de la campagne Le Juste Fruit !. J'ai pensé que ça pourrait aussi t'intéresser. Voici le lien pour signer la pétition : http://petition.lejustefruit.org/ 

    Le Juste Fruit compte sur toi ! Merci.

    Pour rester informé-e de toutes les actualités de la campagne et des avancées de la pétition rendez-vous sur : www.lejustefruit.org  !

    DIGNITE AU TRAVAIL DANS LES PLANTATIONS !

    Les supermarchés sont les acteurs les plus puissants des filières de la banane et de l’ananas. Ils engrangent d’énormes profits sur ces produits en abusant de leur pouvoir pour s’approvisionner à des prix souvent insoutenables pour leurs fournisseurs.

    Conséquences pour les travailleurs-ses en Amérique latine et en Afrique :

    • violation des droits humains, notamment des droits des femmes, et conditions de travail indignes.
    • salaires insuffisants pour couvrir les besoins vitaux des familles.
    • atteintes à la santé des populations et dégradation de l’environnement dues à l’utilisation massive de produits agrochimiques.
    Malgré les engagements de certaines enseignes de la distribution en matière sociale et environnementale dans leurs chaînes d’approvisionnement, les travailleurs-ses constatent peu de changement sur le terrain.

    La pression exercée par la société civile a déjà permis de pousser la Commission européenne à enquêter sur les impacts négatifs des politiques d’achat de la grande distribution, y compris pour les fournisseurs non-européens.

    Aujourd’hui, elle développe un Code de conduite qui pourrait encourager les supermarchés européens à améliorer leurs pratiques d’achat. Mais un code de conduite ne peut pas suffire : son application effective et son suivi doivent être garantis par un organe indépendant qui puisse notamment recevoir des plaintes anonymes.

    Une révision de la législation sur la concurrence qui, aujourd’hui, ne protège pas les fournisseurs non-européens contre les abus de pouvoir des entreprises acheteuses, est également nécessaire.

    Aidez nous à atteindre 10 000 signatures !

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  • Un enregistrement clandestin prouve que les safaris humains continuent 12 Janvier 2012

    Des véhicules font la queue pour entrer dans la réserve des Jarawa le long de la route Andaman Trunk Road.
    Des véhicules font la queue pour entrer dans la réserve des Jarawa le long de la route Andaman Trunk Road.
    © G Chamberlain/ Survival

    L’enregistrement clandestin d’un tour-opérateur dans les îles Andaman proposant à un journaliste de soudoyer un policier avec une somme de 10 à 15 000 roupies (145 à 215 euros) prouve que les scandaleux safaris humains sont toujours pratiqués avec la complicité de la police locale.

    L’enregistrement a été effectué le mois dernier par le journaliste britannique Gethin Chamberlain.

    Interrogé sur le prix d’une excursion chez les Jarawa, le tour-opérateur basé à Port Blair a indiqué : ‘Pour le voyage, il faut compter… véhicule et le reste… de 25 à 30 000 roupies, quelque chose comme ça. Car la police demande entre 10 et 15. Plus le véhicule et quelques cadeaux aux tribaux comme… des fruits, des biscuits…’

    Rattrapés par le scandale international que de telles révélations ont provoqué, les fonctionnaires de l’administration des îles ont prétendu que la vidéo récemment diffusée par The Observer apportant la preuve de l’implication de la police dans ces safaris humains avait été tournée il y a dix ans, bien avant que des mesures préventives n’aient été prises – mais ce nouvel enregistrement confirme qu’ils ont toujours lieu.

    Survival International avait déjà dénoncé l’existence de ces safaris humains en 2010.

    Réagissant à ces dernières révélations, le professeur Anvita Abbi, de l’université Jawaharlal Nehru, spécialiste des tribus des îles Andaman, a déclaré : ‘Cela s’est produit sous l’œil des autorités. Comment l’administration peut-elle prétendre ne pas en avoir eu connaissance?’

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Cet enregistrement apporte la preuve concrète que ces safaris humains continuent encore aujourd’hui. Et s’ils ont encore lieu, c’est uniquement à cause de la route ‘Andaman Trunk Road’ qui traverse la réserve des Jarawa. Dix ans après l’ordre de la Cour Suprême de fermer cette route, il est scandaleux que l’administration andamane ne l’ait pas encore fermée. Le gouvernement pourrait mettre un terme à ces safaris aujourd’hui – en fermant définitivement la route.’

    Lire la transcription de l’enregistrement (en anglais), décembre 2011

    Man: There is the, if you want, two procedure… one is, the illegal, you go on the… on the… way on the road Baratang, in the, in the vehicle four-wheeler. That time (if) the vehicle is less vehicle, traffic will be less, then easily you can meet and taking photograph (unclear).

    If the traffic is more, back side also car, front also car, bus, then it’s not possible. ..(unclear) sit in the vehicle, go and come back from that place.

    (Unclear… for easy one… now, not…) How many days you stay here?

    Gethin: Three or four.

    Man: Three or four days. Ah… visit in next time because we can arrangement with the police department. He taking some money. You can get duty on there.

    Gethin: Is it safe? Am I going to get arrested? (laughs)

    Man: No it’s a (unclear). No no not like that, we can safely… we can give the money safely. Because there that is the security man of that tribal.

    Gethin: (noise – okay? Yeah?)

    Man: You understand?

    Gethin: Yeah.

    Man: You can attach with that person, deal with that person, who are the… who will be the safeguard of tribal.

    Gethin: Yeah.

    Man: You can consult with them. You give… you take some money (loud car noise… unclear) give to the tribal…

    Gethin: then?

    Man: Then you ask, ask, 10,000 15,000 like that, money. That…

    Gethin: It’s a lot of money.

    Man: Then you can meeting, take your time, and come back.

    Gethin: How long do you go for?

    Man: You go early morning 4 o clock from this place and next day come back.

    Gethin: How much (unclear)?

    Man: For the trip, uh, vehicle and… all like (unclear) 25 to 30,000 like that. Because the policeman take 10 to 15 like that. And vehicle and some gift to the tribals also… like fruits, biscuits… you can take some gift items too.


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  • Au cours des 25 dernières années, près de 1600 personnes ont été assassinées au Brésil dans des conflits liés à l’exploitation des terres. Une centaine de personnes seulement ont été jugées pour ces meurtres; un seul commanditaire dort aujourd’hui en prison.

    Sonia Bonê Guajajara fait partie des quelques 2000 militants qui vivent aujourd’hui au Brésil sous la menace des “pistoleiros”. Elle est vice-présidente de la COIAB (coordination des organisations indigènes d’Amazonie brésilienne), la principale organisation de défense des droits des Indigènes qui représente environ 450 000 Indiens. “Revenir ici dans mon village me donne toujours un sentiment de très grande joie parce qu’ici, je me sens chez moi, je me sens entière”, explique-t-elle.

    Sonia est l’une des représentantes du peuple Guajajara, qui compte 16 tribus et 22 000 personnes, dans l’État amazonien du Maranhaõ. Loin de ses bureaux de Manaus, Sonia retourne régulièrement dans son village pour prendre le pouls de sa communauté, dont le mode de vie et les droits, dit-elle, sont de plus en plus menacés. “Tous sont confrontés au grand problème de l’exploitation illégale des richesses naturelles. Que ce soit le bois ou les animaux, à travers la chasse ou la pêche. Aujourd’hui notre forêt est presque entièrement dévastée. A cause de la déforestation, il n’y a plus autant de richesses naturelles qu’il y a une trentaine d’années.”

    Il y a cinq siècles, lors de l’arrivée des Européens au Brésil, la population indigène comptait plus de 5 millions de personnes. Aujourd’hui, il n’en reste plus que 700 000, soit 0,3 pourcent de la population du Brésil. La plupart d’entre eux vivent sur des terres officiellement délimitées dites “zones indigènes protégées”. Une protection de plus en plus contestée face aux enjeux que représentent les terres qu’ils occupent, riches en ressources inexploitées.

    De la forêt amazonienne à Brasília, la capitale, il y a environ trois heures de vol. Sonia prend régulièrement l’avion pour faire entendre la voix des Indigènes aux autorités. Ce jour là, elle a rendez-vous au ministère de l’Environnement. “On voit sans cesse des Indigènes se faire expulser de leurs terres, des entreprises s’installer dans les villages, à l’intérieur des terres indigènes. Le principal combat des peuples indigènes de Maranhao concerne la protection territoriale. Parce que si nous parvenons à obtenir cette protection, alors les autres politiques publiques, en matière de santé ou d‘éducation par exemple, vont s’améliorer”, explique-t-elle.

    Ce discours se heurte à d’autres intérêts. Au moment même où Sonia est en négociations au ministère, à quelques centaines de mètres de là se tient une manifestation d’agriculteurs et d‘éleveurs brésiliens. Pour eux, il y a trop de terres protégées au Brésil. La sénatrice Kátia Abreu est à la tête de ce mouvement de contestation. Elle préside la fédération brésilienne pour l’agriculture et l‘élevage. “Sur 850 millions d’hectares, il n’y en a que 230 qui sont exploités pour la production de riz, de haricots, de soja, de maïs, de viande, dans un espace inférieur à 30 pourcent du Brésil! Le seul pays au monde qui renonce à des terres fertiles, qui pourraient produire des aliments, c’est le nôtre, c’est celui des Brésiliens”, s’exclame-t-elle.

    L’Amazonie représente 60 pourcent du territoire brésilien, pour seulement 8 pourcent du revenu intérieur brut du pays. Un potentiel économique énorme aux yeux des grands exploitants agricoles et des industriels tant brésiliens qu‘étrangers, dont les pressions font planer une ombre de plus en plus lourde sur la forêt et sur ses habitants. “Ils ont vraiment beaucoup d’argent, beaucoup de pouvoir, la lutte devient vraiment déloyale », souligne Sonia. « Il nous arrive même d‘être condamnés parce que nous luttons pour nos droits. Mais nous ne sommes pas découragés pour autant parce que nous croyons en notre force, en notre loyauté envers ces peuples. Rien ne va nous faire renoncer à la lutte.”

    Une lutte que partage Sheyla Juruna, qui nous entraînera au cœur de l’Amazonie, dans le deuxième volet de notre série brésilienne de Women and War.


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  • L’extermination d’une tribu andamanaise s’achève après la disparition de son dernier représentant 4 Février 2010

    Boa Sr était la dernière représentante de la tribu bo.
    Boa Sr était la dernière représentante de la tribu bo.
    © Alok Das/Survival

    Le dernier membre d’une tribu des îles Andaman, en Inde, vient de disparaître.

    Boa Sr, qui est décédée la semaine dernière avait environ 85 ans, elle était la dernière locutrice de bo, l’une des dix langues andamanaises. On considère que les Bo, qui vivaient dans les îles Andaman depuis 65 000 ans, étaient les descendants de l’une des plus anciennes cultures humaines de la planète.

    Boa Sr était la plus âgée des Grands Andamanais, qui ne sont plus que 52 aujourd’hui. A l’origine, divisés en dix tribus distinctes, les Grands Andamanais représentaient une population de 5 000 personnes avant la colonisation britannique des îles Andaman en 1858. La plupart ont été tués ou ont succombé aux maladies transmises par les colonisateurs.

    N’étant pas parvenus à ‘pacifier’ la tribu par la violence, les Britanniques tentèrent de les ‘civiliser’ en les capturant et en les enfermant dans un ‘home andamanais’. Sur les 150 enfants nés dans le home, aucun n’atteignit l’âge de deux ans.

    Les Grands Andamanais qui ont survécu jusqu’à nos jours dépendent étroitement du gouvernement indien pour leur subsistance et nombre d’entre eux ont sombré dans l’alcoolisme.

    Boa Sr qui avait survécu au tsunami de décembre 2004 avait témoigné devant des linguistes : ‘Nous étions tous là au moment du tremblement de terre. Le plus âgé d’entre nous, nous avait avertis: “la Terre va s’ouvrir, ne fuyez pas, ne bougez pas”. Les anciens nous l’avaient dit, c’est comme ça que nous savons les choses’.

    Anvita Abbi, linguiste, qui connaissait Boa Sr depuis de nombreuses années, se souvient : ‘Etant l’unique locutrice de bo, elle se sentait très seule et n’avait personne avec qui parler… Boa Sr avait un grand sens de l’humour, sa gaieté et son rire à gorge déployée étaient très contagieux.

    ‘Vous ne pouvez imaginer la douleur et l’angoisse que j’éprouve chaque jour en étant le témoin muet de la disparition d’une culture remarquable et d’une langue unique’.

    Boa Sr avait confié à Abbi qu’elle était heureuse que la tribu voisine des Jarawa, qui n’a pas été décimée, puisse continuer à vivre dans sa forêt loin des colons qui ont envahi une grande partie des îles.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Les Grands Andamanais ont tout d’abord été massacrés puis ils ont été détruits par des politiques paternalistes qui les ont exposés à de terribles épidémies, les ont spoliés de leurs terres et privés de leur indépendance.

    ‘Avec la mort de Boa Sr et l’extinction de la langue bo, une part unique de la société humaine n’est plus qu’un souvenir. La disparition de Boa est le triste rappel que nous ne devons pas permettre que cela arrive aux autres tribus des îles Andaman’.

    Ecouter le chant de Boa Sr en bo:  dans le site de Survival cliquez sur Actualités & Médias et cherchez l'article :

    L’extermination d’une tribu andamanaise s’achève après la disparition de son dernier représentant 4 Février 2010. C'est très émouvant et très triste!

    Last of the Bo Tribe SingsBoa Sr, the last member of the Bo tribe, who died in February 2010, sinBo tribe, who died in February 2010, sings.

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